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 ☾ tout vrai langage est incompréhensible.

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GIBBOUS



☾ RÉINCARNATION : antonin artaud (1896 - 1948)
☾ OCCUPATION : illustrateur.
☽ AVATAR : ben whishaw.
☽ CRÉDITS : astoria, de moiàmoi.
☽ MESSAGES : 201
☽ INCARNATION : 30/07/2014
☽ ÉTOILES : 368
MessageSujet: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 15:41

Alexandre Abberline
NOM DE FAMILLE ☾ Abberline, comme Abberline, comme des tas de noms anglais qu'on trouve made in Angleterre. Rien de bien spécial, juste le nom d'son père et celui de son père avant. PRÉNOM(S) ☾ Alexandre, prénom aux origines françaises qu'il a gagné de sa mère. ÂGE ☾ la jolie trentaine. DATE ET LIEU DE NAISSANCE ☾ le 8 octobre 1984, à Oxford, Angleterre. NATIONALITÉ ET ORIGINES ☾ british sur sa carde d'identité, franco-anglais de par son sang, il aurait même un peu d’écossais mais très lointain du côté paternel. ORIENTATION SEXUELLE ☾ c'est pas comme s'il s'donnait la peine de réfléchir sur ce sujet, si l'attirance est là tant mieux. On l'dira pansexuel en général. STATUT CIVIL ☾ célibataire, pour son plus grand désenchantement. OCCUPATION ☾ illustrateur de petite renommée. CROYANCES RELIGIEUSES ☾ elle n'a pas de place capitale dans sa vie, c'est vrai qu'il s'en pose des questions le Alexandre, du pourquoi du comment les croyances se sont insinuées ainsi dans la vie des hommes. Disons que de son côté, il pense beaucoup. La possibilité d'une autre dimension ne lui paraît pas improbable, après tout il croit aux fantômes, les énergies ne le dégoûtent pas, comme l'idée des âmes. Il dira qu'il a plus de mal avec les religions qui se tournent vers un seul bouquin pour faire leur vie. OPINION POLITIQUE ☾ c'est pas comme s'il y comprenait quelque chose à la politique, l'est pas rare qu'il se dise que toute l'existence même n'est qu'un gros complot. Oui, ça l'amuse, sans l'bouffer. CASIER JUDICIAIRE ☾ un petit vol quand il avait douze ans. Ah, quand les potes vous emmènent dans leurs coups douteux, ils ont été deux à se faire attraper sur le groupe de quatre. Sinon rien d'bien méchant, il est pas encore dans l'extrême de foutre le couteau sous la gorge de quelqu'un. GROUPE ☾ GIBBOUS.
TEMPS MODERNES
jem'enfoutiste ☾ calme ☾ franc ☾ existentialiste ☾ idéaliste ☾ imaginatif ☾ perfectionniste ☾ à l'écoute ☾ peu bavard sur son propre cas ☾ agit sous le coup de l'impulsivité, malgré son tempérament posé ☾ curieux ☾ expressif ☾ soigneux, si ce n'est même un peu maniaque ☾ fantaisiste ☾ caustique ☾
Rouge. Bleu. Violet. Orange. Vert. Brun. Les couleurs se mélangent, frappent contre le papier si bien qu'on dirait qu'il souhaite faire un arc-en-ciel sans véritable fond. C'est le début du travail, le commencement de sa concentration qu'il peine encore à bien gérer. Dessiner, encore, toujours. Ses mains défilent, refilent sur le bureau, brisant le silence de la petite pièce dans laquelle Alexandre est assis avec nonchalance. Il a b'soin de sa dose de rêve, de sa petite sacoche bourrée d'idéaux en tous genres, parce que tout le reste, il veut s'en échapper. L'pire, c'est que personne ne lui a rien commandé depuis une semaine ou deux, il fait juste ça par envie, la pulsion de l'instant, du moment, il sait pas ce que ça va donner en résultat final. Un animal, un lieu, un visage, un mirage, tant de possibilités qui traînent dans ses doigts et se salissent à coup de crayon. Alexandre s'entend tout juste respirer, son sang a beau taper contre ses tempes, il n'en a cure, le clignement de ses prunelles se fait de plus en plus irrégulier. Il a cessé d'exister. Une heure qui défile, puis deux, enfin trois. Le soleil s'est déjà couché dans un soupir désespéré pour son interlocuteur, la lune quant à elle se met à sourire grandement face à ce spectacle presque amusant. Le brun s'arrête, les yeux rougis par la fatigue et ses poignets se plaignant. Un théâtre, encore. « Putain d'merde. » Murmure prononcé pour son propre être qui se butte à vouloir lui montrer quelque chose. Un théâtre, toujours un théâtre, ce foutu théâtre présent dans son esprit et dans ses dessins. Théâtre, théâtre, alors qu'au fond Alexandre s'en tape comme de la dernière pluie. Théâtre jusqu'au bout des ongles et jusqu'au bout des cheveux. Théâtre c'est Artaud, théâtre c'est Abberline. Une main frêle passée dans ses cheveux, l'autre s'occupe de faire une boule infâme de ce dessin qui persiste à vouloir se faire entendre. Et pouf, elle est lancée dans les airs pour finir écrasée dans un coin de la salle. Éternellement seule.
TEMPS PASSÉS
vif ☾ ouvert d'esprit ☾ borné ☾ réaliste et irréaliste ☾ curieux ☾ contradictoire ☾ bavard ☾ philosophe ☾ existentialiste ☾ perfectionniste ☾ imaginatif ☾ franc ☾ manque de tact ☾ capricieux ☾ bancal ☾
Son torse remonte et redescend dans le brouhaha de l'électricité qui lui traverse le crâne. C'est la deuxième, plus que huit et il pourra retourner dans sa cellule où il continuera d'écrire sur des morceaux de chiffon écorchés. Ici, on se fiche de son nom, de sa popularité, de ce qu'il a pu faire dans sa vie pour changer le monde complexe du théâtre. Ici, c'est qu'un patient comme les autres, un type qu'a perdu la boule du jour au lendemain. A quoi donc lui vaut une telle conséquence ? Peut-être son voyage au Mexique, son esprit décadent qui à force de travaillé a fini par se vautrer lamentablement. Antonin, il s'retrouve là, allongé sur ce lit-ferraille, mi-robot mi-objet pour mieux l'assassiner de l'intérieur. Son corps chauffe, son coeur claque contre sa peau douloureusement, si bien qu'il en grimace. Il devrait être habitué, cet idiot. Il devrait l'être. On se fait jamais à la torture imposée par des médecins qui pensent qu'il n'est question que de protéger autrui. Chut. Ils attendent le moment propice pour lui asséner un autre coup de grâce, il voudrait hurler, même pleurer, pourtant aucun son veut s'donner de la peine de lui déchirer la gorge. Il était quelqu'un à l'époque, un révolutionnaire, une grande gueule capable de démonter un mouvement simplement par envie. Il était quelqu'un de sensiblement bien dans son esprit. Puis, un jour ça a basculé comme on peut s'attraper un cancer. La folie ça s'bouffe à coup de mal de vivre, de mercure, d'arsenic et de bismut comme quand il était môme.
Bzzzzt. Encore du jus.
Sur l'électrochoc, le cas Antonin Artaud.

aîné des Artaud, sur tous les enfants que sa mère a mis au monde, seulement deux ont survécu. Une seule a pu voir le jour mais a succombé à la maltraitance que lui infligeait sa nourrice. ☾ a eu une enfance perturbée par des troubles nerveux à cause d'une syphillis héréditaire, offerte par qui ? Personne ne le sait, père ou mère, l'un des deux est fautif. Il a dû suivre un traitement à base d'arsernic, mercure et bismuth. Ses douleurs s'apaisaient seulement quand il était dans le pays d'origine de sa mère, la Turquie. ☾ en 1936 il part au Mexique, se rendant dans un peuple du pays, les Tarahumaras, initié au rituel du soleil et à la peyotl, ce voyage lui a été décisif. La peyotl étant une plante et une drogue très puissante, nul doute qu'elle a eu de sales répercussions sur sa santé. ☾ l'année d'après il est jeté en hôpital psychiatrique et va subir de nombreux électrochocs, plus de cinquante-huit au total. ☾ il va en sortir près de dix ans plus tard, se remettant à la littérature, écrivant, dessinant des portraits, auto-portraits et tout ceci dans des cahiers scolaires. ☾ il meurt deux ans après, recroquevillé au pied de son lit. On suppose qu'il a été victime d'une surdose accidentelle d'hydrate de chloral.

NOM DE FAMILLE ☾ Artaud. PRÉNOM(S) ☾ Antonin, qui dans l'idée n'est qu'un pseudonyme. A la réalité, il est né avec des prénoms tirés en longueur, tel que : Antoine Marie Joseph Paul. Autant condenser, pas vrai ?. DATE ET LIEU DE NAISSANCE ☾ Marseille, le 4 septembre 1896. DATE ET LIEU DE DÉCÈS ☾  Ivry-sur-Seine le 4 mars 1948. NATIONALITÉ ET ORIGINES ☾ français sur les papiers, en matières d'origines il a du français et du turque côté maternel. ORIENTATION SEXUELLE ☾ sa vie amoureuse était un mystère, on a jamais eu l'honneur de lui mettre une étiquette sur le front. Malgré tout, certains affirment qu'il était homosexuel, d'autres qu'il n'avait pas fait de choix. STATUT CIVIL À SA MORT ☾ tout seul. ANCIENNE OCCUPATION ☾ Antonin était un multifonction, de ces types qui ne se contentent pas d'une seule particularité. Il était théoricien de théâtre, acteur, écrivain, dessinateur et essayiste français. Reconnu surtout pour ses capacités dans le monde dramatique, le reste n'a été qu'une sorte de lubie dans laquelle il ne pouvait se sortir. CROYANCES RELIGIEUSES ☾ il rejetait toute foi, se faisant voir comme ce mal toujours bon à trouver une objection. OPINION POLITIQUE ☾ il souhaitait simplement que l'homme se rende compte de sa barbarie, qu'il ouvre définitivement les yeux pour changer le monde. C'était beau. C'était utopique. La politique c'était pas sa matière préférée, il voulait juste démontrer la bêtise, voilà tout. CASIER JUDICIAIRE ☾ arrêté à Dublin pour vagabondage et trouble de l'ordre public.
PRÉNOM ☾ Laura.    PSEUDO ☾ RUTLEDGE ASYLUM. ÂGE ☾ 18 ans.  tombe  COMMENT T'ES ARRIVÉ ☾ biais d'un partenariat héhé.   COMMENTAIRES ☾ une tuerie, j'avais suivie le projet sur concept rpg y'a looongtemps, contente de voir qu'il a ouvert.      FRÉQUENCE DE CONNEXION☾ normalement j'peux me connecter au moins une fois par jour. Aprèèès normal vu qu'on est en vacances héhé, ce sera une autre paire de manche quand j'aurais les cours, boon ça m'empêchera pas de venir mais niveau RP ce sera plus irrégulier.  haon  cute CODE DU RÈGLEMENT ☾ Code validé par la Lune AVATAR ☾ Ben Whishaw. CRÉDITS ☾ titre de Artaud, images de tumblr, côté histoire de mon propre cru, mots d'Artaud.



Dernière édition par Alexandre Abberline le Ven 1 Aoû - 21:59, édité 16 fois
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GIBBOUS



☾ RÉINCARNATION : antonin artaud (1896 - 1948)
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MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 15:42


A ces océans sans visages

Je suis Antonin Artaud
et que je le dise
comme je sais le dire
immédiatement
vous verrez mon corps actuel
voler en éclats
et se ramasser
sous dix mille aspects.
- artaud




(13 ans)
Les murs sont étranges, y'a du sang, partout, tout tout partout. Des gens sont au sol, ils sont vêtus de blanc, je comprends rien à ce que je vois. J'avance sans avancer, on dirait que je flotte, je regarde mes mains. C'est pas les miennes. J'aime pas cet endroit, il pue les toilettes, les hurlements me font peur. Y'a un garçon qui bave plus loin, y'a plus de vie dans ses yeux, il est pas mort, juste à l'intérieur. J'ai peur. Je veux sortir de là. Je peux rien faire, je suis attiré sur une table, y'a des ombres autour qui parlent, je pige pas leur langage, leurs dents claquent les unes contre les autres. Ils me mettent une couronne de métal sur la tête, me lavent un peu le front. Non, non, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Je suis prisonnier. Non. Non. Qu'on me sorte de là, vite. Y'en a un qui appuie sur un bouton, mon corps se redresse dans un violent spasme, mon cerveau crame, brûle, qu'on m'aide, vite. Son cri écorche les bruits de la nuit, ses mains se posent avec violence sur ses tempes. Il a mal. Encore une fois Alexandre se retrouve témoin des cauchemars qui veulent définitivement le tuer. Mal, mal, mal, c'est tout ce qu'il arrive à marmonner entre ses lèvres tremblantes. L'intérieur de son crâne n'est qu'une bouillasse infâme entourée de mouches qui souhaitent élire domicile à l'intérieur, ça bzzbzzt, et ça frappe dans tous les sens contre les parois osseuses. Le gamin a transpiré comme s'il venait de se faire un marathon durant quatre bons jours, la lumière s'allume dans le couloir, sa mère se précipite dans la chambre avec une tête de déterrée. « ALEXANDRE ! » Ou une simple nomination pour demander ce qui a pu se passer pour qu'il hurle à la mort. Des gouttes froides dégoulinent sur le visage d'Alexandre qui se retrouve en boule sur son lit. Les douleurs s'arrêtent pas, elles continuent de plus belle. Y'a quelqu'un qui veut lui enfoncer un clou dans la tête, le frapper à coup de batte de base-ball, lui liquéfier le cerveau par le nez. Celle qui a eu la bonne idée de le mettre au monde s'approche, pour faire quoi ? Qu'est-ce qu'elle en sait, elle y connaît rien en médecine, pas même un moyen d'apaiser les maux qui lui taraudent l'âme. « C'est... c'est encore ça-AAAAAAAH. » Et il recommence à aboyer comme un chien qu'on peut abattre, ses poings se serrent si bien que ses ongles pourraient rentrer dans sa peau. C'est pas la première fois, il ose se dire que ce sera peut-être la dernière, pourtant c'est fréquent et ça le tue à petit feu. La scène toujours similaire ou presque, une fois c'était une presque noyade qui avait empêché ses poumons de prendre l'air dont ils avaient besoin. Il sait pas ce que c'est. Alors, Alexandre, il pense juste qu'il devient complètement malade, que sa raison se barre à travers ses prunelles, que du haut de ses treize ans il est déjà bon pour finir dans un hôpital psychiatrique. Révulsé, ses membres tremblent comme jamais, c'est pire que d'habitude, ses yeux sont tirés vers l'arrière alors ses paupières se ferment. Il sent une présence, celle de sa mère qui l'attire contre elle, le serrant avec toute la force dont elle est capable. Un baiser est posé sur sa tignasse, il peut entendre les bruits de pas de son père qui se rapprochent, c'est étonnant qu'il n'ait pas réveillé sa soeur cadette. Sa mécanique interne panique comme une vieille horloge qui veut laisser aller son dernier souffle, les tic-tac se répètent le long de ses veines. Il en peut plus. Il fatigue. « Faut faire quelque chose, ça peut plus durer. » C'est rien qu'il disait, ça passera qu'il disait, il a simplement attrapé une grippe qu'il disait aussi. Son père parle beaucoup sans savoir, il a cette capacité à ne jamais s'inquiéter tellement exacerbée qu'on en vient à penser qu'il n'est pas capable d'aimer. Alexandre, il a beaucoup d'lui, beaucoup d'elle aussi, un gros mélange des deux. Y'a pas d'antécédents de sales migraineux dans la famille, p'tête une tumeur ? Rien qu'à y penser, des hoquets frémissent le long de sa gorge, qu'on l'aide ou qu'on l'assassine, c'est au choix. « Tu crois que je devrais l'emmener à l'hôpital ? » Une tête qui vire de haut en bas comme unique réponse. Qu'ils cherchent, qu'ils essaient, ils trouveront rien. Le problème c'est pas lui, c'est l'autre.

☾ ☾ ☾

(23 ans)
« Tu m'rappelles pourquoi tu sors plus d'chez toi depuis une semaine ? » Deux diamants verts scindent le jeune homme qui hausse les épaules, presque avec un certain dédain et amusement. Crayons entre les mains de son côté, Ginger avec son joli sac en cuir de l'autre, sa cadette n'a de cesse de s'inquiéter depuis qu'ils sont à Tewkesbury. C'est pas faux que son boulot n'est pas le plus tactile du monde, qu'aussi elle de son côté peut se vanter de faire justement dans un domaine où il y a cette communication avec la populace. « Syphilis et lèpre, ça fait fuir les gens tu sais ? Ce serait con que j'les contamine. » Une main pâlotte s'écrase sur l'arrière de sa tête, il en retient une vague plainte et se frotte l'endroit maltraité. « Pauvre idiot. » Les sourcils roux de sa soeur se froncent. C'est marrant qu'elle ait une telle couleur de cheveux, de sourcils, de tout finalement. Ils se ressemblent pas, lui il a les cheveux noirs et des yeux bleus, elle c'est plutôt flammes constantes et yeux profondément verts, avec en plus, des tâches sur le visage. Alexandre s'est même déjà demandé si sa mère était pas allée voir ailleurs pour la concevoir. Ils se rapprochent sans se compléter, ils peuvent bien s'apprécier comme se détester. Un lien classique dans une vie tout aussi banale. C'est bon de se dire ça, que rien de fou n'arrive, que le train-train quotidien arrive à plaire. Triste à avouer du côté d'Alexandre qui ne fera jamais de grandes escapades en Amazonie, ou même trouvera une momie dans le désert. Il s'échappe via le biais du papier, parfois de la toile quand il veut bien se donner l'effort de s'essayer à la peinture. Le repos, c'est pas dans le monde des vivants mais celui où tout s'arrête. Le temps n'existe pas, vieillir n'est qu'un minable souvenir, même si les scènes qui se déroulent sur tout oeuvres ne seront pas forcément joyeuses, elles apportent ce petit machin, ce bidule en celui qui regarde. C'est ça qu'il aime quand il se barricade chez lui, s'plonger dans ses propres illusions. « Rooh, ça va hein. J'bosse c'est tout, j'ai un gros boulot pour... pour... » Et merde, voilà qu'il trouve pas la suite de son mensonge. Ginger s'occupe de rattraper le coup avec un sourire carnassier sur la tronche. « Un bouquin ludique qui parle de Molière, hm ? » C'est qu'elle est pas bête en plus. Elle a dû fureter un peu pendant qu'il était en pleine transe artistique - quelle blague. C'est vrai que ça le taraude, c'est vrai que c'est répétitif, des fois il peut faire pourtant d'autres bestioles comme des faunes, des loups, des personnages connus venant d'antan. « Voilà, bravo Sherlock, t'es trop forte. Tu peux m'laisser dans ma bulle maintenant ? Ce serait, vraiment, et pour une fois, adorable de ta part. » Si elle recule, elle va se prendre le bordel monstrueux de son petit appartement en plein dans les pieds, elle gueulera, lui en voudra un jour ou deux seulement elle partira des pièces tâchées de couleurs, et ça, ça c'est un fait à prendre en compte. Alexandre se surprend à prier qu'elle se vautre lamentablement contre le parquet, histoire de perdre en crédibilité. Tu parles. « Toi, toi, oui, toi là, Alexandre Abberline, j'te tire par la peau du cul ce soir pour une virée restau-ciné. T'as compris ? Le message il rentre et reste dans ta caboche ? » Il en grimace. « Ouais, comme une sortie entre deux adolescents qui veulent faire des mamours, en somme ? » Elle pourrait encore le taper qu'il finirait par ne plus rien sentir. Il peut entendre d'ici son sang chauffer à la vitesse d'un volcan en éruption, au prochain coup elle lui arrachera la tête, se fera des boucles d'oreilles de ses yeux et un collier de ses dents. « C'était soit ça, soit une représentation théâtrale. Pas la peine de t'poser la question, l'choix est tout fait. » La vicelarde, la démoniaque, l'ignoble. Comme si c'était pas assez suffisant tout cet énervement autour de ce monde étrange dont il ne veut rien comprendre. Alors qu'il se prépare à rétorquer qu'il fera rien, il entend la porte qui claque derrière lui, il en profite pour se rétamer sur son canapé avec la classe d'un éléphant. Chier. Ils sont tous contre lui, ils le détestent ? Mais qui donc ? Ginger et lui-même. Attrapant un coussin pour mieux foutre sa tête dedans, s'il en avait le courage, il gueulerait comme une adolescente en manque de son portable. Rien ne sort. Il doit s'faire à cette idée, que le drame ça fait partie d'lui.
Bordel.

☾ ☾ ☾

(30 ans)
Cigarette entre les lèvres, ses yeux bleus s'attardent sur la fumée qui s'échappe grâce au vent, ne fait plus qu'une avec les nuages. Le balcon il est pas bien géant tout comme le reste de son habitation, étonnement il doit être la seule parcelle loin d'être en bordel. A la rigueur, le plus percutant doit être cette petite fleur qui commence à périr. Pour le peu qu'elle arrive à l'intéresser, s'il est à l'air libre c'est pas pour tergiverser sur la manière dont une plante pousse et pourquoi elle aime écouter les paroles de la personne qui s'en occupe. C'est étrange, plus confus comme très précis, dans les grands moments perdus comme ceux-là il aime à laisser divaguer son imagination comme ses peurs les plus profondes. Le fondement même de l'humanité, les questionnements tournant autour du fonctionnement des êtres qu'ils sont. Généralement, quand il zieute le plafond avec toute la motivation du monde, il part vers des rivages plus intéressants. La mer qui se frotte aux roches, le soleil qui s'étale sur sa peau, le sable entre ses doigts, une odeur dans les narines. Tout ça, il arrive à l'entrevoir par le biais d'un peu d'imagination. Là, c'est tout autre. Comme si une entité bornée et râleuse se buttait à vouloir lui offrir sur un plateau d'argent des tiraillements qui le déforme. Depuis peu c'est l'idée d'être qui lui tape dans l'estomac. Être, vivre pour mourir, c'est quoi la morale au final ? Tirant à nouveau sur le bâton de cancer blanc bien installé entre ses doigts.
Naître, apprendre, aimer, offrir et clamser.
C'est quoi être quoi ? C'est quoi être qui ? Quelles sont les règles du jeu ? On souffre, on s'prend un couteau dans le dos, on se bouffe la boue en pleine figure, on tombe aussi bas que possible et pourtant, pourtant, on continue. Se battre pour qui et quoi ? La vie. La vie. Foutu mot barbare qui est aussi fascinant qu'il n'est embêtant à dire. Sa soeur décès est aussi complexe à s'affirmer. Le prix de pouvoir respirer, c'est celui de se voir les poumons coupés un jour ou l'autre. Un sourire en coin lui apparaît sur son masque pâle, un tournant, un cycle. Ô si répétitif, tellement ennuyeux que parfois il est possible d'oublier pourquoi une telle prise de conscience a eu lieu. Qui ils sont eux ? Qu'est-ce qu'ils fichent ici à essayer de se motiver pour mettre les pieds au sol ? Le plus grand questionnement, c'est, qui il est lui. Alexandre Abberline, 30 ans, illustrateur, fils de Caleb et Mary Abberline, frère de Ginger Abberline. C'est qu'une étiquette, simplement un mot doux qui a été collé sur son front, une carte d'identité qu'il pourrait rejeter à tout moment. Alexandre Abberline, 30 ans, illustrateur, fils de Caleb et Mary Abberline, frère de Ginger Abberline. Répéter, répéter, toujours répéter pour ne pas s'oublier. Continuer sans s'arrêter pour mieux se mettre dans la tête qui est qui, où va le bon ordre des choses. Il pourrait être une autre personne pourtant, s'appeler Norman Addams, être l'enfant de deux personnes richissimes, fils unique pour la forme. Les chapitres de sa propre histoire, il peut les écrire à sa guise, se terrer dans le mensonge pour mieux accepter l'idée que finalement, il n'est personne. C'est vrai, sur cette planète, combien est-ce qu'il y a d'Abberline ? Un bon sac. Et d'Alexandre ? Une sacrée tripotée. Poussière parmi d'autres poussières, rouage avec ses autres amis rouages. Alexandre Abberline, 30 ans, illustrateur, fils de Caleb et Mary Abberline, frère de Ginger Abberline. Et il s'le répète, pour se donner une importance, qu'il arrive à mettre quelque part sa patte pour qu'on se souvienne un jour de lui. Le mégot jeté dans les airs vient frôler le bitume et se faire écraser par une bagnole verte. Qu'est-ce qu'il est ? Une vulgaire clope qui se consume au fil des années, bonne à revenir à la terre comme tous les cadavres empilés sous cette civilisation déjà perdue.






A nous les fils d'Artaud

Çui-là pour l'égaler faut s'lever tôt,
J'veux parler d'Antonin Artaud.
Ouais le génie ça démarre tôt,
Mais y a des fois ça rend marteau.
- gainsbourg



(7 ans)
Le petit Antonin ne veut pas bouger. Bouche fermée, yeux écarquillés devant l'ignoble médicament qui ne tardera pas lui à venir en pleine bouche, il ne souhaite pas avoir encore une fois ce goût monstrueux sur les lèvres. On dirait de la boue, mélangée à du vomi sortant fraîchement de la bouche d'un ivrogne. Non, il en veut pas. Secouant la tête de gauche à droite et inversement, ses bras se croisent sur son maigre torse. Sa pauvre mère le regarde avec un sourire pauvret collé au visage. Euphrasie Artaud a toujours eu le chic d'avoir son chignon parfaitement fait sur sa tête, ses vêtements étaient aussi magistraux qu'ils étaient beaux. Elle émanait quelque chose de beau sa mère, de doux et de réconfortant. Antonin il est toujours fasciné par ses cheveux qui ne partent pas dans un sens ou dans un autre comme les siens, ils sont indomptables, c'est une touffe magistrale sur cette petite tête au teint pâle. Il est buté en plus le gosse. Maman ajoute en haussant les sourcils, presque amusée de cette mine boudeuse qui ne durera pas longtemps. « Mon chéri, tu sais bien que tu es obligé de prendre ces médicaments. » C'est vrai, il est malade, très gravement même à ce qu'il a entendu dire de la bouche de son père quand ils avaient le dos tourné. Il s'souvient plus vraiment du nom, c'est trop compliqué pour son jeune âge, c'qu'il a pu comprendre par contre c'est que ça a été transmis par son père ou sa mère. C'est en lui, c'est tout. Alors le docteur lui a refilé des élixirs aux noms barbares. Arsenic, bismuth, et quoi déjà ? Mercure. Un traitement du tonnerre paraît-il. C'est pas bon. Si ça avait le goût de fraise, il dirait pas non. Mais, c'est pas bon, c'est tout ce qu'il en retient. « Nooooon. » Chouinement désespéré face à une situation qu'il préférerait fuir. La main libre de sa mère passe sur son épaule, rassurante. « Je sais que ça ne te fait pas plaisir, mais, je sais aussi que si tu ne prends pas tout ça, tu risqueras d'être vraiment, très, très mal en point. » Il souffre déjà, est-ce que ça pourrait être pire ? Soupirant de mauvaise foi, il se sent mieux quand il est dans le pays d'origine d'Euphrasie. Marseille, ça suffit pas, ni rien. Il est pas apaisé, c'est qu'un pauvre gosse sur les nerfs de pas pouvoir respirer tranquillement sans grimacer. Des fois ça part un peu, et souvent ça revient comme une claque en pleine figure, ça le fait se rouler en boule, ça tire, quelqu'un veut l'écarteler. « S'il te plaît ? Ce n'est qu'une petite seconde désagréable, je peux te le promettre. » Un bon nombre de fois cette excuse a été utilisée, elle marche toujours, c'est ce qu'il faut se dire. Antonin se pince la lèvre inférieure d'un coup sec, zut, flûte, mince. Pourquoi lui ? « J'ai fais quelque chose de mal, c'est ça ? » Pourtant, il a toujours été gentil, poli, certes un peu difficile à gérer quand il le voulait, c'est pour ça qu'il comprend pas. Dieu doit lui en vouloir, Satan veut le tirer vers les tripes de l'enfer, c'est ça, hein ? Maman a les prunelles qui s'écarquillent, sur l'instant il peut même voir un élan de tristesse lui traverser le regard. « Tu n'as rien fait de mal, je peux te l'assurer, tu n'as juste pas eu de chance. » Hochant un peu la tête penaud, la malchance paraît plus simple comme solution aux tortures qu'il s'impose. Du haut de ses sept ans, Antonin il est déjà bien trop grand, sait trop de choses même s'il arrive pas à mettre d'images dessus. Il fonctionne comme ça, il lui reste plus qu'à se résoudre. Ses lèvres s'ouvrent dans un minuscule râle brailleur, les diverses ignominies s'étalent sur sa langue, coulent le long de sa gorge. C'est dégoûtant, est la seule morale qu'il tire de son état de santé qui laisse à désirer. Même s'il sait que c'est pas possible, le petit Antonin se jure qu'il tombera plus jamais malade.

☾ ☾ ☾

(8 ans)
Elle est plus là Germaine. Elle est partie à cause de la nourrice. Il entendra plus son petit braillement matinal, il aura plus droit à sa main ridicule dans la sienne. Non, Germaine elle est partie comme de la poussière, suffit qu'on souffle dessus et ça disparaît. Ses parents arrêtent pas de lui dire qu'elle est bien maintenant où elle est, qu'elle le surveille à travers les nuages. Qu'est-ce qu'il en sait lui ? Il voit qu'elle est plus là, c'est tout ce qui compte. Les mains jointes, il contemple la tombe, sa vision se troublant progressivement. Elle aurait pas dû filer comme ça Germaine, jamais, elle aurait dû vivre très longtemps, faire des tas de bêtises avec lui, il lui aurait appris comment confectionner une marionnette avec du chiffon, ils auraient fait des spectacles. Elle a pas eu le temps la petite. Paraît que sa nourrice passait un temps fou à la secouer, qu'elle ne supportait pas quand elle pleurait. Alors elle l'a fait taire définitivement. Tenant fermement la main de son père, les larmes commencent à rouler sur ses joues. La mort, c'est comme ça qu'elle s'appelle. Paraît que c'est une étreinte douce qui vous emporte vers un endroit où la douleur n'existe pas, un squelette est caché sous la cape qui fait si peur, cette faux qui scintille sous les rayons de la lune. Quand on y pense, Germaine, elle a été assassinée deux fois. Une fois par la nourrice, une autre par la faucheuse. Maintenant, elle est où ? Il veut se dire qu'elle est devant lui avec ses dents qui poussent à peine, à gazouiller comme peut le faire un oiseau le matin levant. Rien. Juste le bruit de la pluie qui tombe avec douceur sur leurs corps. Elle a été enterrée y'a plus de deux semaines, pourtant, Antonin il veut y passer tous les jours. Soit c'est papa, soit c'est maman qui est avec, il peut pas y aller en solitaire, trop petit, trop jeune et surtout, c'est même pas sûr qu'il rentre le soir. Il veut rester avec elle, l'enlacer en gloussant, revivre des moments qu'ils ont connus, pour le peu qu'ils ont eu la chance d'en voir. C'est pas juste, pas juste. On laissera un grand malade continuer de refroidir un grand nombre dans toute cette populace, et on veut pas laisser d'chance à un pauvre bébé. C'est pas rare qu'il s'dise que c'est sa mère qui est maudite, qu'elle est bonne pour mettre au monde des bébés avortés, des enfants qui ne connaîtront pas la joie de s'extasier devant un piano, de pleurer pour la moindre blessure. Rien. Des jumeaux, y'aurait dû y avoir une belle paire de petits garçons, ils devaient débarquer avant Germaine, en pleine santé. Ils étaient plus que des morceaux de viandes froides à l'arrivée. Et quand, enfin, il a eu l'honneur de rencontrer une cadette, une véritable, pleurant et riant pour peu, elle s'en est allée. Le gamin remet la faute sur beaucoup de personnes, sa mère, son père, sa nourrice. Pas lui. Il est toujours plus facile de mettre le couteau sous la gorge de quelqu'un plutôt que sous la nôtre, un fait indéniable qu'Antonin sait déjà. Il a rien à voir dans cette histoire, tout bonnement victime de la bêtise des adultes. C'est l'heure de l'adieu, le cinquième pour tout dire depuis qu'ils sont ici. Le premier c'est toujours le plus difficile à avaler, au bout du troisième on commence à s'y faire et contre toute attente, au quatrième on se butte sur l'idée qu'on ne veut pas partir. Antonin laisse sur sa tombe un chrysanthème ayant déjà perdu toute couleur, toute odeur, bien défraîchi à l'image de son pauvre coeur. Ils avancent, ils partent, et l'gamin peut remarquer que derrière lui s'écoule une lourde traînée d'amertume.

☾ ☾ ☾

(31 ans)

« Si nous faisons du théâtre ce n'est pas pour jouer des pièces mais pour arriver à ce que tout ce qu'il y a d'obscur dans l'esprit, d'enfoui, d'irrévélé se manifeste en une sorte de projection matérielle. » Son prénom se murmure, son nom fait parler de Paris à Marseille. On n'a plus que d'yeux pour cet homme révolutionnaire aux yeux trop grands pour un ventre aussi petit, il avale pour mieux recracher. Antonin il est tombé dedans comme une évidence, tel le nez sur la figure de son voisin. Il vit théâtre, mange théâtre, boit théâtre et discute théâtre sans cesse. Il y voit tellement de chemins qui ont été trop peu exploités à cause de vieux boucs en peine de voir le progrès là où il attend impatiemment de faire sa belle entrée. Il veut autre chose. Montrer, percer la profondeur des hommes jusqu'à sa plus grande obscurité, c'est ce diable au visage d'un type comme un autre qui se balade dans une rue banale. Tout changer, tout revoir, c'est son but. Journal entre les mains, sourire naissant au bord des lèvres il jette un coup d'oeil à la décoration du lieu dans lequel il se trouve. Une scène, de la lumière, des costumes à volo et surtout sa propre création. Ses os, ses veines, ses muscles, sa peau, tout son être a été jeté dans le théâtre Alfred Jarry, il y ressent un frisson froid dans le dos loin d'être désagréable. Tout ça, c'est de ses mains. Tout ça, c'est lui. Tout ça, c'est Artaud. Ses dents se montrent de plus en plus alors que ses mains se détendent sur le papier de mauvaise qualité, ses pensées se bousculent dans sa tête, si bien qu'elles ressemblent à des lettres jetées avec malice dans les airs, quand quelqu'un voudra bien les remettre en place, elles donneront des mots, des phrases concrètes. Ses pas le dirigent vers les rideaux de velours rouge, ce n'est qu'un début. Antonin il sait qu'il va changer l'univers, le façonner à sa manière, changer un avis pour mieux le rallier à sa cause. Il veut beaucoup sans savoir, il veut beaucoup tout en s'illusionnant. Le théoricien pourrait s'en marrer à gorge dévoilée, il incarne à la fois l'homme et l'enfant, le petit garçon et l'adulte borné qui sait déjà ce qui l'attend, maladroit mélange des deux, il veut dégueuler le bien-fondé même des êtres qui vivent sur cette planète tout en se berçant de chimères. Il s'prend pas encore pour un Dieu, se sait aussi mortel que les comédiens qui défilent sur le plancher, il veut tout bonnement laisser sa trace, s'imposer comme une vérité qui trop longtemps a été cachée. Des sensations au bout des doigts, des senteurs, des bruits qui font frémir ses oreilles. Lui et le théâtre, c'est pas qu'une simple histoire de passion, c'est de l'amour à l'état brute, comme s'il ne valait rien sans cette envie de tout contredire, de refaire les pièces selon ses pulsions. Un jour, une nuit, Antonin soulèvera ce voile noir posé sur les prunelles des pauvres innocents, et il dénoncera sans cesse. L'être, l'homme, le peuple dans sa totalité, une mise à nue sur le coeur de la terre. Non, la vie n'est pas que bordée de roses. Non, elle n'est pas forcément belle. Oui, elle peut être malade. Oui, les guerres existent tout comme la famine, oui, oui, la planète a été taillée à l'image de l'homme, dans sa plus grande décadence. Et comme il a pu si bien le souligner un jour avec des traits figés dans la pierre. « Nous ne sommes pas libres. Et le ciel peut encore nous tomber sur la tête. Et le théâtre est fait pour nous apprendre tout cela. » Et lui ? De quoi est-il fait ? De la même matière que ses congénères. A coup de bien et de mal, de cauchemar et de rêve.

☾ ☾ ☾

(45 ans)

Le soleil ne passe pas très bien à travers la petite fenêtre de sa chambrée, quoique ce terme n'est pas approprié pour nommer cette salle dans laquelle il a le mal de vivre depuis près de quatre ans, si ce n'est plus. Allongé sur le sol, il fixe le plafond en fronçant les sourcils, les petits grains blancs se mélangent pour donner des formes qui amusent Antonin. Il saurait pas dire pourquoi. Ni même affirmer son prénom. C'est à croire que son voyage au Mexique lui a fait perdre toute identité. Sur le moment, c'était bien, si bien, il riait, voyait des couleurs qui claquaient entre elles, des animaux de mondes différents, même des visages perdus qu'il n'aurait jamais dû revoir. C'était beau, c'était bien, et surtout, ça a laminé sa matière grise. Sa main gauche se dresse dans les airs, il la regarde avec un sourire aux lèvres. Il en rigole, c'est vrai que l'corps humain ça pousse à être hilare, la formation d'un corps, des muscles, des os pour ne faire qu'une tâche difforme et à la fois, si fascinante. Une main, c'est quoi une main ? Une genre de pince de crabe mêlée à une patte de chien. Un rire sec lui échappe, jusqu'à ce qu'il vire dans une profonde décadence. C'qui est bien chez les cinglés, c'est qu'on arrête jamais de rigoler, même si plus loin il peut entendre des plaintes, des râles, des frottements étranges mêlés à des vieilles chansons d'enfants. Antonin, il veut voir personne, ni sa mère, ni son père, pas même des collègues à lui, comme s'il souhaitait passer cette ignoble épreuve seule. Il a plus conscience de rien le pauvre, le temps paraît s'étirer comme se condenser. Là où ça change, c'est sur son visage, quand il le voit dans une flaque, plus rarement dans un miroir. Des rides qui s'installent, des cheveux gris qui apparaissent sans prévenir. Le fameux coup d'vieux, il peut même le sentir sur ses propres membres qui pourrissent, tout se fissure, se casse, il n'est plus qu'une marionnette aux fils trop lestes pour se faire encore manipuler. Les jours se ressemblent, se mélangent, il n'a même plus l'habitude des couleurs qui se trouvent à l'extérieur. Il voit que du gris partout, avec une violente nuance de blanc qui lui explose la rétine, c'est fade. La seule couleur qui lui redonne sens à l'existence, c'est le rouge. C'est pas rare de voir un patient pisser le sang, même lui parfois, c'est le nez qui braille, la bouche trop gercée pour être bien entretenue. Il ressemble à quoi, au juste maintenant Antonin ? Rien, si ce n'est un sac d'os jeté dans une malle pleine de poussière, un squelette sans possibilité de pouvoir se lever. Un vieux tas juste bon à faire office d'une plante verte qu'on regarde mourir à petit feu. Rigoler, rigoler, rigoler, c'est ce qu'il trouve à faire jusqu'au moment où il entend des grilles s'ouvrir. C'est son tour, c'est son tour, bientôt son tour, d'avoir droit aux bzzt, bzzt, bzzt. Un coup d'jus à gauche, un coup d'jus à droite, il en est à combien exactement ? P'tête une dizaine, une vingtaine, une trentaine, ça l'éviscère de l'intérieur. Ses organes sont en flamme, l'intérieur de son crâne n'est qu'une immonde masse ressemblant à de l'eau croupie. Bzzt. Bzzt. Un coup, deux coups, trois coups, y'en a jamais assez pour les fous.

Et à l'instant où il s'fait tirer par les bras, Antonin il s'dit qu'une clope passerait bien pendant qu'il grille. De la cendre, partout, tout partout, du sol au plafond, du mur d'à côté au mur lointain, le crépitement de l’électricité qui passe le long de ses muscles. Son corps se pulvérise, vole en éclats et se ramasse sous dix mille aspects.






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Artaud
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MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 16:20

Bienvenue ici   

Bon, je ne connais pas vraiment ta réincarnation, mais j'ai hâte d'en savoir plus  hihi Et bonne chance pour ta fichette   
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☾ RÉINCARNATION : antonin artaud (1896 - 1948)
☾ OCCUPATION : illustrateur.
☽ AVATAR : ben whishaw.
☽ CRÉDITS : astoria, de moiàmoi.
☽ MESSAGES : 201
☽ INCARNATION : 30/07/2014
☽ ÉTOILES : 368
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 16:23

OW JAMIE.  haon cute J'avoue moi aussi je ne connais pas ta réincarnation, faut que je furette un peu plus dans ta fiche huhu.   En tout cas merci ! Et j'comprends pour Artaud, en ce qui me concerne je le connaissais pas avant de l'étudier en cours.  hihi 
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FIRST QUARTER



DER WAHNSINN HAT MICH EINGESPERRT

☾ RÉINCARNATION : Gerhardt Söltzstein (14 janvier 1899 - 21 octobre 1941)
☾ OCCUPATION : peintre restaurateur au john moore museum et réalisateur.
☽ AVATAR : Benedict Cumberbatch
☽ CRÉDITS : astealeaf et tumblr
☽ MESSAGES : 40
☽ INCARNATION : 24/07/2014
☽ ÉTOILES : 43
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 18:32

OMG ! T'as craqué !  hihi Tu sais que ça te va bien cette bouille et ce choix parfait de réincarnation ?  haon 
FAIS VITE TA FICHE QUE JE TE HARCÈLE JUSQU'AU PETIT MATIN !!   (  )
Je sens que ce personnage va encore envoyer du pâté, 'tention aux yeux.  tombe 

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DU WEIßT NICHT MEHR, WER DU BIST. DU WEIßT NICHT MEHR, WAS LIEBE IST. DEIN SPIEGELBILD HAT SICH ENTSTELLT. NIEMAND IST HIER, DER ZU DIR HÄLT.
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CRESCENT



☾ RÉINCARNATION : Arthur Rimbaud, 20 Octobre 1854 -10 Novembre 1891
☾ OCCUPATION : Etudiant, L1 Psycho, Sculpteur amateur.
☽ AVATAR : Pierre Niney
☽ CRÉDITS : AVA : Arwene ; ICON SIGNA : Eden Memories, Moi ; CODE : moi
☽ MESSAGES : 68
☽ INCARNATION : 23/07/2014
☽ ÉTOILES : 78
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 18:32

*a fait "OH PUTAIN BEN WHISHAAAAAAAAAAW" derrière son pc irl*

jte jure je déconne pas Arrow ben est si peu souvent pris ... Bref welcome **

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Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs. Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours. Assez connu. Les arrêtes de la vie. - ô rumeurs et visions ! — A. Rimbaud
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☾ RÉINCARNATION : antonin artaud (1896 - 1948)
☾ OCCUPATION : illustrateur.
☽ AVATAR : ben whishaw.
☽ CRÉDITS : astoria, de moiàmoi.
☽ MESSAGES : 201
☽ INCARNATION : 30/07/2014
☽ ÉTOILES : 368
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 18:34

alec, VAZY DUDE D'AMOUR.  haon cute C'est mauvais pour mes chevilles ce que tu dis, et j'espère donc ne pas te décevoir avec ce petit bonhomme.    Forcément, il nous faudra un lien de folie, hein, hein, hein ?  han LOVKISKOEUR SUR TES FESSES.  tombe bed hihi 
clemens, OH MON DIEU. NINEEEEEEEEEEEEY. CET ACTEUR DE FOLIE.     cute Ton association est une tuerie, c'est magique. I love you MERCI BEAUCOUP EN TOUT CAS.   han 

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Artaud
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LA PIRATE

☾ RÉINCARNATION : Anne Bonny - (1697 - 1782, environ)
☾ OCCUPATION : actrice au Roses Theatre
☽ AVATAR : Astrid Berges-Frisbey
☽ CRÉDITS : endless wildones; code : wild heart
☽ MESSAGES : 490
☽ INCARNATION : 22/07/2014
☽ ÉTOILES : 502
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 19:51

Ouuuh le choix d'avatar  I love you 

Ton personnage à juste l'air d'être une petite bombe, hâte de pouvoir lire son présent   

En tout cas bienvenue parmi nous !  han 

_________________
where is my mind ?
I just know there's something dark in me and I hide it. This Dark Passenger. And when he's driving, I feel alive. ❞
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☾ RÉINCARNATION : antonin artaud (1896 - 1948)
☾ OCCUPATION : illustrateur.
☽ AVATAR : ben whishaw.
☽ CRÉDITS : astoria, de moiàmoi.
☽ MESSAGES : 201
☽ INCARNATION : 30/07/2014
☽ ÉTOILES : 368
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 20:14

Je ne peux que te renvoyer le compliment, Astrid est superbe, puis son ancienne vie de pirate rohlala.  cute han haon Merci beaucoup, j'espère ne décevoir personne dans ce cas.  tombe  

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Artaud
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« Si faire était aussi aisé que savoir ce qu'il est bon de faire, les chapelles seraient des églises, et les chaumières des pauvres gens des palais de princes. »

☾ RÉINCARNATION : William Shakespeare [1564 - 1616]
☾ OCCUPATION : chirurgien urgentiste
☽ AVATAR : Tom Hiddleston
☽ CRÉDITS : Tag
☽ MESSAGES : 278
☽ INCARNATION : 22/07/2014
☽ ÉTOILES : 348
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 20:19

Bienvenue sur le forum  haon Bon courage pour ta fiche   

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+ i need my absolution
What a piece of work is a man, how noble in reason, how infinite in faculties, in form and moving how express and admirable, in action how like an angel, in apprehension how like a god.© caius
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FIRST QUARTER

Isabelle de France

☾ RÉINCARNATION : Isabelle de France
☾ OCCUPATION : Pigiste au journal local
☽ AVATAR : Aubrey Plaza
☽ CRÉDITS : Duds
☽ MESSAGES : 112
☽ INCARNATION : 23/07/2014
☽ ÉTOILES : 153
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 20:28

Antonin Artaud, c'est un choix audacieux  

Comme Mes VDD, j'adore le choix d'avatar, ça fait un alliage d'enfer 
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L'É V I S C É R É E


☾ RÉINCARNATION : MARY JANE KELLY (1863 - 1888 )
☾ OCCUPATION : LYCÉENNE
☽ AVATAR : EMILY BROWNING
☽ CRÉDITS : AURELIE & TUMBLR
☽ MESSAGES : 602
☽ INCARNATION : 02/05/2013
☽ ÉTOILES : 658
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 21:01

BIENVENUE.  han haon 
Bon sang = ta plume + artaud + whishaw = je meurs de bonheur.  tombe  
Il nous faudra un lien, mon ami.   

_________________
❝ I should go now quietly, for my bones have found a place to lie down and sleep, where all my
layers can become reeds. All my limbs can become trees. What at mess I leave to follow.  ❞

Daughter, Smother
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☾ RÉINCARNATION : antonin artaud (1896 - 1948)
☾ OCCUPATION : illustrateur.
☽ AVATAR : ben whishaw.
☽ CRÉDITS : astoria, de moiàmoi.
☽ MESSAGES : 201
☽ INCARNATION : 30/07/2014
☽ ÉTOILES : 368
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 21:18

peter, woaw, ton association est top. I love you Merci beaucoup !  cute 
persia, HAHA, oui, j'espère bien le gérer.   Merci beaucoup, beaucoup !   
cassandre, je meurs. Mary Jane Kelly et Emily, c'est de la bombe, purement et simplement.   D'ailleurs j'ai pas mal lorgné sur ton scénario héhé.  haon Merci beaucoup pour les compliments, ça me jsaoikl;wj,aoklsja,s jknslkj.  cute   han Ce sera avec plaisir pour le lien.   

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Artaud
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Dernière édition par Alexandre Abberline le Mer 30 Juil - 21:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 21:32

oh, ben, bon dieu.  tombe et artaud.  cute 
bienvenue parmi nous et bon courage pour ta fiche. I love you
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☽ INCARNATION : 30/07/2014
☽ ÉTOILES : 368
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Mer 30 Juil - 22:00

Que dire de toi ? Sérieusement les enfants, vous avez des associations de malade.  cute haon Merci beaucoup.    

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CE SOIR, J'AI LE MAL COEUR,
LE COEUR À LA LUNE.

☾ RÉINCARNATION : ASTRE CÉLESTE.
☾ OCCUPATION : ÉCLAIRER LA NUIT, RÉGULER VOTRE VIE.
☽ AVATAR : LA LUNE.
☽ MESSAGES : 184
☽ INCARNATION : 29/12/2012
☽ ÉTOILES : 390
MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Ven 1 Aoû - 22:54

félicitations, petit dément
bienvenue chez les fous
ô Artaud, toi qui a été torturé par la vie elle-même, te voilà à présent libre. Tes chaines n'existent dorénavant plus. Oui, tu es libre ici, à Tewkesbury. Toutefois ta liberté a un prix : Celle d'Alexandre. Alexandre, te battras-tu pour ta liberté ? Ou laisseras-tu Artaud te la prendre ?

Maintenant que tu es validé, mon lapin. Tu vas pouvoir te mêler à la masse des autres fous de notre petit comté. Avant tout, si tu as besoin de quelque chose, n'hésite pas à faire un passage du côté des demandes. Libre à toi alors de te tisser des liens avec ces spécimens, puis de répertorier vos folles aventures. Si toutefois tu dois t'absenter un moment, n'oublie pas de nous prévenir. N'hésite pas un instant à venir t'amuser dans le flood ou la chatbox. Enfin, si la moindre question te taraude, tu peux venir harceler le staff qui fera son possible pour ne pas te manger, haha. Bref, bon jeu parmi nous.







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MessageSujet: Re: ☾ tout vrai langage est incompréhensible.   Ven 1 Aoû - 22:57

Merci beaucoup !  haon 

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