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 orage pour témoin de gorges nouées + (alex & alec)

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FIRST QUARTER



DER WAHNSINN HAT MICH EINGESPERRT

☾ RÉINCARNATION : Gerhardt Söltzstein (14 janvier 1899 - 21 octobre 1941)
☾ OCCUPATION : peintre restaurateur au john moore museum et réalisateur.
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MessageSujet: orage pour témoin de gorges nouées + (alex & alec)   Lun 4 Aoû - 23:38


“(...) AND WHEN ONE OF THEM MEETS THE OTHER HALF, THE ACTUAL HALF OF HIMSELF, WHETHER HE BE A LOVER OF YOUTH OR A LOVER OF ANOTHER SORT, THE PAIR ARE LOST IN AN AMAZEMENT OF LOVE AND FRIENDSHIP AND INTIMACY AND ONE WILL NOT BE OUT OF THE OTHER'S SIGHT, AS I MAY SAY, EVEN FOR A MOMENT...”
C'était pas dégueulasse. Cette odeur d'humidité qui s'installait confortablement sur l'herbe. Avec derrière elle l'accompagnement d'un air lourd et qui promettait orage dans quelques instants. Non, c'était pas désagréable du tout comme temps. De toute manière c'était ainsi, Alec avait toujours préféré un climat triste, voir exécrable, aux rayons de soleil qui fondaient bitume, peau et maigres glaçons insuffisants à la recherche de fraîcheur. Il n'avait jamais réellement compris comment pouvait-on trouver le moyen de sourire à un soleil aveuglant, à la caresse du vent chaud quand on presse déjà le pas pour rentrer chez soi. Et quel était l'intérêt de bouder quand la pluie était là, quémandant le soleil qu'on blâmera s'il se montre trop longtemps ? Non, Alec ne comprenait pas, il affectionnait tout particulièrement les nuages gris et menaçants, il était inspiré quand les feuilles tournaient en rond à toute allure pour rentrer dans son appartement à la première fenêtre ouverte et, par-dessus tout, il vénérait ces instants où la pluie frappait le toit sous lequel il dormait, faisant régner ce que les gens appelaient un véritable vacarme et qu'il voyait comme une mélodie incomprise, qu'il aurait cependant aimé partager avec une personne étendue à ses côtés.
Être incompris. Ne pas comprendre. Certains disaient que le réalisateur était à côté de la plaque, que c'était un gars bizarre, silencieux, trop solitaire et qui souriait sans raison. Qu'il fallait faire attention avec ce genre d'artistes, souvent ça tournait pas rond là-haut et qu'Alec n'était qu'un énième énergumène qui ne connaîtrait du succès que parmi les dérangés de son espèce. Enfin, voilà surtout les propos de son père, même si beaucoup de monde partageait cette opinion en silence. Les artistes. Si seulement ces médisants savaient qu'Alec n'en avait rien à cirer. Il était là à marcher tranquillement dans le parc, de grandes fardes sous son bras, un sac en bandoulière d'où dépassait des pinceaux encore en train de sécher et le col de sa veste remonté jusque sous le nez, dissimulant ce rictus amusé en voyant un homme se battre contre son parapluie dont le vent torturait le squelette.

Il était tard. Quelle heure exactement, il ne savait pas. Huit heures, neuf heures,... Certainement l'heure de sortie de tables, les restaurants se vidant et les enfants pourtant habitués du parc étant peu nombreux. Et cette odeur du soir qui venait crever l'espace sans s'imposer. C'était ainsi qu'Alec le percevait, ce moment de la journée qui le poussait toujours à s'éveiller, l'amenant à flâner dans les rues en ayant la tête trop ailleurs pour entendre les applaudissements émanant du théâtre ou le bruit des canettes jetées à terre par des jeunes au coin d'une rue. Quand il était dans ses pensées il était difficile de l'en sortir, lui qui portait pourtant un regard attentif sur les détails l'entourant, comme s'il désirait ne jamais manquer la moindre seconde de sa journée, se laissant ensuite aller à des pas qui l'emmenaient toujours ailleurs que la fois précédente, comme s'il cherchait à chaque chemin une voie différente, sans savoir où il allait mais avec l'intention d'y aller, d'y trouver quelque chose qu'il avait perdu et à qui, étrangement, il donnait ce nom inconnu, Hans.
Et durant ces chemins, il ressassait ces même pensées. Plus tenaces, plus présentes que jamais depuis quelques semaines. Ce pincement sur le front et ce bond dans le cœur qu'il essayait de soigner par un bol d'évasion nouveau. D'abord dans la musique, puis le travail, puis la lecture et enfin par des choses qu'il n'avait jamais tenté et qu'il abandonnait vite. La photographie, le piano, la cuisine (paix sur l'âme de cette casserole qui n'avait jamais rien fait pour mériter une telle fin) ou encore l'informatique. Lui qui essayait de comprendre cette étrange impression qui lui sautait à la gorge dès le matin, comme un vide à combler mais dont la réponse devait être logique et quelque part, un quelque chose qu'il avait manqué. Sans jamais trouver. Lui qui se refusait encore à y croire pleinement, que ces paroles avaient été les siennes, que ce sang sur le front avait en quelque sorte celui de son crâne. Un combat inutile mais qu'il remportait encore. Pour l'instant.

Mais ce n'était pas ce qui animait les pensées d'Alec dans l'immédiat, il était concentré sur les toiles qu'il avait dans ses fardes, des travaux personnels sans prétention mais dont il avait terriblement envie de faire courir le pinceau sur la toile, comme si quelque chose démangeait sa main et ses yeux cherchant à voir ces couleurs se supposer devant lui. Voyant l'arrivée de sa maison être encore une image lointaine, il se laissa succomber à l'appel de cette boîte qui frottait contre sa cuisine à chaque enjambée, extirpant péniblement une cigarette qu'il jeta à toute allure entre ses lèvres, cherchant maladroitement le briquet coincé dans le fond de sa poche de veste. Inaccessible geôlière tant aimée et pourtant là, envoyant la sensation de sa présence dans les côtes douloureuses d'Alec qui voyait les sangles emmêlés de ces affaires l'empêcher d'atteindre la flamme qui lui offrira cet air nocif et pourtant si libérateur. D'un coup d’œil qui lui fit perdre un peu l'équilibre, ses sens se reliant de n'importe quelle manière quand il tentait d'exécuter plus de trois gestes à la fois, il remarqua une silhouette assise sur un banc juste à côté de lui, et sans observer la personne, sans jeter au préalable un regard au visage à qui il allait s'adresser sans réfléchir si c'était à un gamin, une vieille grand-mère ou un homme d'affaire qui allait lui aller cette maudite clope, il s'avança. « Efcuvez-moi, vous n'auriez pas du feu fous la main ? » dit-il en luttant contre ses fardes qui glissaient dangereusement en avant, le penchant lui aussi davantage vers l'inconnu que ce qu'il n'avait calculé et croisant dès lors l'image de son potentiel sauveur.
Lui.
C'était bien lui. Ce type qu'il avait rencontré quelques semaines plus tôt au musée. Enfin, rencontré. Disons que l'homme avait fait un malaise impressionnant et qu'Alec avait directement été là pour l'aider bien que désemparé. Et maladroit maintenant qu'il y pensait. Terriblement maladroit et les mots sans sens. Oui, c'était bien lui. Il en avait la gorge nouée, de voir une surprise comme ça débarquer au moment où il s'y attendait le moins lui qui avait simplement prévu de rentrer chez lui, sans se douter que demander à une ombre de faire rougir sa cigarette en jolies cendres le perturberait ainsi. Lui qui n'avait pas plus de mot que la dernière fois qu'il avait vu ce visage, restant simplement là, immobile, dans une position pas des plus banales, une clope dépassant de travers de ses lèvres fermées sur l'effet de la stupeur et le regard fixé sur l'homme, lui répondant clairement à cette question qui planait comme s'ils cherchaient à se convaincre du contraire. Oui, c'était lui. Ils se connaissaient. « Hum, bonjour. » Bonjour. Ah bravo crétin, bonjour, c'est tout ce que t'as trouvé ? Et la gêne de leur première rencontre pour le moins inhabituelle refaisait soudainement surface. Accompagné de ce silence et de cette lourdeur dans l'air qui grondait désormais au loin.

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MessageSujet: Re: orage pour témoin de gorges nouées + (alex & alec)   Mar 5 Aoû - 16:11



Un banc. Une alliance entre des morceaux de bois et du métal, un simple banc. Qui sait combien de personnes se sont posées là-dessus avec un esprit hagard ? Certainement tout Tewkesbury, le père de celui qui connaît la ville, comme son grand-père et la grand-mère de celui-ci. Des générations qui se succèdent sur un vulgaire objet qui se laisse dévorer par le temps. Parfois tagué, même un peu brisé, il supporte le soleil, la pluie, la neige alors que ce n'est qu'un banc. Il a rien de plus qu'un autre. C'est vrai, pas spécialement beau à regarder ni plaisant pour les os, il fait office de présence comme une plante verte qui se demande ce qu'elle peut bien faire pour souffrir de maltraitance de la part de celui qui l'a acheté. Y'a quelques heures ce devait être un petit vieillard qui voulait nourrir ses pigeons, juste après un môme braillard qui voulait poser ses fesses et s'arrêter de marcher parce que maman va trop loin à pieds, une donzelle en pleurs plus tard et Dieu seul sait qui d'autre encore. Y'a les émotions là-dedans. P'tête de l'amour, des larmes, de la lassitude comme de l'apaisement. C'est fou, presque irréel de se dire qu'une bêtise paraisse puisse renfermer les plus beaux secrets de l'humanité ou du moins, de Tewkesbury en particulier. Alexandre s'dit que s'il pouvait avoir un super pouvoir, ce serait celui-là. De toucher un bibelot pour comprendre ce qu'il renferme, avoir des images qui défilent devant ses yeux, même les plus horribles parce que peu importe la vie compliquée, il y aura toujours le bonheur pour venir rattraper un peu cette flamme qui s'éteint. Assis sur ce banc précisément, ses yeux se baladent sur les détails insignifiants de cet ancêtre à la peinture déjà bien dégagée. Les fissures, les quelques insectes minuscules qui tentent d'escalader le colosse de bois qu'il est, le léger grincement qu'il est possible d'entendre quand il gigote sans grandement le remarquer. Tout a son importance quand il s'donne la peine, surtout quand il n'a rien à faire. Poireautant comme un bien-heureux dans ce parc, c'est le lieu de rendez-vous que sa chère soeur retardataire lui a donné. Attendre devient un hobbies, une passion dont il se passerait bien en cet instant précis. Dix minutes, quinze minutes. Tapotant des pieds de manière régulière, il sait plus réellement depuis combien de temps il est là. Il en a presque oublié les raisons du pourquoi du comment, à cause de sa matière grise qui paraît fascinée pour un rien. S'il y a malgré tout une chose dont il se souvient, c'est de la menace qu'il lui avait faite un peu plus tôt si elle osait le laisser comme le dernier des crétins dans la rue. Au moins, sur un banc, il paraît plus crédible. Qu'avait-il dit déjà ? Ah oui, qu'il exorciserait cette sans âme si elle lui faisait cet affront. A s'en rappeler, Alexandre esquisse un rire aussi discret qu'un vol de papillon, ses prunelles claires quant à elles s'étalent sur l'immensité du ciel qui s'obscurcit. Orage, pluie, tonnerre, éclairs, un spectacle que lui offrira le temps sans qu'il n'en meurt, il sera juste trempé jusqu'aux os. S'affalant un peu plus contre le banc, sa tête tombe en arrière pour mieux voir ce paysage banal d'un autre angle. Quelques feuilles en arrière tout comme les arbres, c'est pas assez. Faudrait qu'il se couche pour se donner une meilleure vision. Et là, maintenant la fainéantise le rattrape si bien qu'il laisse tomber l'idée derechef de s'inspirer d'une terre à l'envers pour un éventuel dessin. Mains dorénavant dans les poches de sa veste, c'est un soupir qui traverse la barrière de ses lèvres pour venir se perdre dans le vent. L'ennui. Ce qu'elle est difficile à vaincre quand il n'y a plus de sujets pour une future thèse aussi ridicule qu'ennuyeuse. L'effet qu'ont les futilités sur les hommes, ou encore ce qu'ils dégagent, absorbent comme des éponges. Alexandre en vient à s'imaginer des histoires qui datent d'il y a plus d'une quarantaine d'années, tous ceux qui ont bien voulus frôler ce bout de bois pratique pour se reposer.

Ses paupières se ferment, il visualise en prenant garde au moindre bruit. Dans son esprit s'écoulent des rires, des visages souriant comme boudant, des coiffures différentes et origines aussi. De tout, de rien, grâce à un témoin du temps saugrenu. Il parle pas, subit juste. Ses sourcils se froncent alors que ses anciens rêves frappent dans ses envies directement. Les scènes se mélangent comme les ambiances. De la joie il passe à la peur, de l'insouciance à la désolation. « Efcuvez-moi, vous n'auriez pas du feu fous la main ? » Comme sortie d'un cauchemar, la vue lui revient telle une claque en pleine gueule. Papillonnant un peu des cils pour se remettre dans cet étrange lieu qu'est la réalité, il prend un certain temps à prendre en compte les mots qui lui viennent en tête. Cette voix, il la connaît sans la connaître, elle lui rappelle quelque chose. Du feu ? Sous la main ? Clope ? Fumeur perdu à la recherche de sa base enflammée ? Plusieurs secondes s'écoulent avant qu'il ne tourne sa tête. Ses yeux s'écarquillent comme une superbe trouvaille, ou au contraire comme un affreux monstre qui voudrait le dévorer. Ni l'un ni l'autre, plus une surprise inattendue qui fait naître en son estomac une boule incontrôlée. Bien sûr. Fallait que ça tombe sur Alexandre. Son nom ? Pas la moindre idée, ce qu'il fait ? Encore moins. Ses souvenirs le ramènent y'a quelques semaines encore, à une exposition mêlant divers thèmes comme les rêves, la liberté, les cauchemars et du reste, il n'a pas eu le temps de la visiter. Les migraines n'ont pas voulu qu'il puisse apprécier à sa juste valeur les peintures, le faisant s'écrouler lamentablement au sol. Quand il s'est réveillé, y'avait ce type avec des yeux aussi profonds qu'un océan et une tignasse sombre charbon, ils ont à peine eu le temps de discuter que l'illustrateur, honteux, a préféré la fuite plutôt que d'affronter l'infâme bouffonnerie dont il était l'auteur. Chez lui, ce n'est pas bien grave, en dehors et s'attirer les regards ce n'est pas ce qu'il préfère, bien que n'ayant honte de rien il se veut trop culotté. Des choses passent, d'autres pas, ses douleurs en font partie. « Hum, bonjour. » C'est trop tard, Alexandre peut même pas filer à l'anglaise avec la classe d'un voleur. La question, la salutation, si l'attention ne se résume pas qu'à ses maux, il pourrait peut-être lui faire complètement oublier cette histoire. Oui. C'est beau d'avoir des rêves et espérer du plus profond de son coeur face à sa bonne étoile. Sauf qu'Alexandre, lui, il en a pas. Le contraire se saurait, dans ce cas il serait maintenant un type reconnu pour son coup de crayon, jalousé par divers artistes et apprécié par d'autres, il vivrait pas dans un appartement qui menace de s'effondrer chaque matin. Il serait pas Alexandre. Abordant un sourire en coins de lèvres, l'heure n'est pas au grand silence et un adieu aussi risible qu'il ne pourrait être déchirant. « Ah, mon sauveur. » Certes, il lui doit pas beaucoup. L'accident aurait eu lieu dans la rue que des types auraient eu l'idée de le dépouiller sans vergogne tout comme de le laisser crever comme un chien sous la pluie. Il s'demande si l'endroit a fait toute l'action, quoi qu'il en soit c'est le premier être qu'il a vu en sortant de son malaise abyssal. Il a beau se butter la tête ceci dit, cette sensation d'avoir royalement loupé le coche lui taraude les organes qui palpitent activement contre sa peau. Inspirant profondément, son nez se plisse un peu pendant qu'il cherche son bon vieux zippo. Ah, il l'a. Malgré les années il est toujours prêt à enflammer ses clopes avec son pique gravé en plein milieu. Main tendue dans les airs, il rajoute. « J'te dois bien ça. » Plus, il devrait le sauver d'une mort certaine un jour aussi tel un héros sauvant femmes et enfants pour dorer son bon rôle de gardien de la paix. Par habitude, Alexandre s'met à détailler ses traits, ce qu'il porte, sa dégaine en général qui a ce caractère spécifique de marquer. L'allume-flammèche passant d'une main à une autre, son attention s'étale jusqu'à ce qu'il percute au bout de ce bras totalement prisonnier, des toiles qui veulent se faire la malle. Se penchant un peu en avant, son sourire vient à s'agrandir. Artiste ? Manquerait plus que ça, qu'il ne soit pas "juste" un autre mais presque un collègue. Du moins pour le peu de considération qu'Alexandre donne à ses propres dessins, toujours faire mieux est dans son optique, un jour qui sait la chance tournera en sa faveur ou peut-être est-il fait pour une vie de débauche. « L'expo' t'a inspiré à c'que je vois ? C'est juste pour s'essayer à la joie des pots colorés ou c'est ton truc ? » Ses coudes se posent sur ses genoux. Le tutoiement, un fait qu'il maîtrise à la perfection, après tout, pourquoi l'tutoyer ? Il l'a sortie de son tourment temporaire, autant ne pas jouer au véritable timide qui n'arrive pas à murmurer cette fameuse deuxième personne. Et les v'là comme deux crétins à se regarder dans le blanc des yeux. Alexandre a pas bien réussi son premier coup pour se saluer, même si de base, il comptait commencer et finir cette galerie en solitaire. Deux fois, c'est que ça en viendrait même louche. C'est vrai, Tewkesbury est pas une ville si petit que ça, y'a quoi ? Une possibilité sur plus d'une centaine pour qu'il le recroise un jour dans de telles conditions, surtout pour une histoire de cigarette. Merde, c'est qu'il lui a donné envie d'en griller une aussi. Repartant dans les fouilles archéologiques de ses poches pour trouver ce fameux paquet déglingué il s'auto-confirme sa théorie sur les émotions gobées. Avant lui y'a eu des larmes, des rires, de l'énervement, dans son cas c'est la pudeur de s'être effondré comme un château de cartes sous un courant d'air. Foutu banc. Au moins Alexandre fera partie de cette longue liste de personnes qu'ont décidé d'apprécier l'air lourd des jours qui défilent, tout comme son fameux sauveur s'il se décide à rester pour leurs sensations aussi dérangeantes que possible. C'est rien qu'un banc. Oui. C'est juste un banc accompagné de deux types qui se retrouvent gosses face à leurs conneries.

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Artaud
« émouvant comme une catastrophe. »




Dernière édition par Alexandre Abberline le Sam 13 Sep - 20:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: orage pour témoin de gorges nouées + (alex & alec)   Jeu 21 Aoû - 11:59


“(...) AND WHEN ONE OF THEM MEETS THE OTHER HALF, THE ACTUAL HALF OF HIMSELF, WHETHER HE BE A LOVER OF YOUTH OR A LOVER OF ANOTHER SORT, THE PAIR ARE LOST IN AN AMAZEMENT OF LOVE AND FRIENDSHIP AND INTIMACY AND ONE WILL NOT BE OUT OF THE OTHER'S SIGHT, AS I MAY SAY, EVEN FOR A MOMENT...”
Papillonnement des cils. C'était dingue, c'était bizarre, mais c'est quelque chose qu'il remarquait directement chez les autres, un mouvement qu'il s'amusait à tenter de le détailler sans jamais y parvenir, sans jamais pouvoir le redessiner tant sur le papier qu'en pensées. Des traits voyageurs comme ça, qui croisaient son chemin et qui lui faisait tourner la tête sans se soucier qu'il pouvait être indiscret, poser un regard trop curieux qui serait mal interprété, c'était quelque chose de quotidien, une rêverie qu'il avait oublié depuis quand elle s'était installée mais qui était une vraie source d'inspiration. Une simple poignée de porte pouvait déjà attiser son intérêt pendant des heures, y songeant en faisant son thé, retraçant ses contours en nettoyant ses pinceaux ou imaginer sa texture en mettant ses chaussettes. Un rituel qui était devenu mécanisme, et dont le papillonnement des cils était une de ces manifestations préférées, lui qui évitait le regard.
Celui de l'inconnu était peut-être inattendu, en l'abordant il ne savait pas trop s'il allait se souvenir de lui et savoir si il aurait de quoi brûler le bout de sa clope était sa dernière préoccupation, ramené à cette soirée dans la galerie d'art alors que ses pieds touchaient toujours la terre de cette allée.
Il l'avait appelé son sauveur, le tutoyant et amenant par la même occasion un haussement de sourcils surpris d'Alec qui se demandait s'il avait effacé un long échange de paroles entre eux la première fois, ou si lui-même l'avait maladroitement abordé avec familiarité. Il n'était pas spécialement à cheval là-dessus mais c'était toujours pour lui une manière d'entrer dans la bulle de l'autre, un pas qu'il faisait rarement avant qu'on ne le fasse pour lui. Au final, il n'y avait qu'avec ses amis, ses acteurs et quelques collègues qu'il usait de cette forme. Parce qu'elle était réconfortante et qu'il ne voulait avoir ça qu'avec certaines personnes, les garder dans son monde qu'on ne comprenait pas.
Une image lui traversa l'esprit, un son aussi, la sensation que pourtant avant il n'agissait pas ainsi, il tutoyait tout le monde, même le gérant de ce bar d'une ville qu'il venait de traverser et dont il ne comptait même pas rester plus longtemps que la nuit. Mais ce n'était pas lui, et Alec chassa rapidement cette impression, il ne l'aimait pas, ne sachant pas quoi en faire.

Un allume-feu apparu devant lui, se rendant compte qu'il n'avait pas réagi tout de suite, sans doute encore perdu dans cette pensée amusée qui lui disait de confesser à l'inconnu qu'il n'était pas à un sauveur, il voulait juste l'aider et puis, il n'allait tout de même pas rester les bras croisés pendant qu'un corps était à terre, peut-être souffrant. Mais il préféra ne rien dire, ne pas énoncer cet instant qui, au vu de la réaction après le malaise ce soir là, n'était pas nécessaire d'amener sur le banc. Détaillant l'homme, il contenu un soupir rassuré en voyant qu'il n'affichait plus cette mine malade, inquiète, son visage n'était plus celui de quelqu'un qui venait de tourner de l’œil pour venir se cogner la tête contre le sol, là où personne n'avait eu le temps de tendre des bras pour amortir sa chute. Il esquissa un sourire en entendant sa question. C'était stupide mais cette façon de demander n'était pas ordinaire. D'habitude les gens lançaient un banal « Tu es peintre ? » ou un « Oh, vous aimez l'art ? » et il ne savait jamais réellement répondre, en fait, ça ne se limitait pas à cela, c'était davantage mais il savait aussi qu'il ne fallait pas perdre des heures à en discuter, souvent il n'y avait que les autres artistes qui pouvaient comprendre. « On va dire que c'est mon truc, même si la rage du pinceau inspiré s’est un peu fait bouffer par la tâche difficile de repasser sur les traits d'autrui, mais l'espoir de retrouver ce sentiment de satisfaction est tenace. » Il avait dit cela en souriant poliment, les yeux se posant sur ses pieds ou le coin d'une farde pour éviter le regard de l'inconnu, pas parce qu'il s'en fichait, mais simplement parce qu'il n'avait pas l'habitude, de regarder dans le blanc des yeux les personnes assises sur le banc d'un parc qu'il se contentait de traverser rapidement. « Restaurateur au John Moore Museum. » ajouta-t-il au bout de quelques secondes en se rendant compte que cette réponse n'était pas claire du tout. Pas même pour lui finalement. D'un regard timide il voulu lui demander ce que lui faisait aussi, si c'était son travail de regarder les gens passer et flâner sous ces arbres mais il sentait qu'il allait encore se rater sur ses mots et se contenta de lui sourire, ignorant si sa question était comprise ou non. Coincant à nouveau la cigarette entre ses lèvres, il apporta la flamme près de lui, penchant légèrement la tête dans un changement de position de son corps qui aida les fardes à glisser un peu plus vers leur liberté folle. Le craquement du feu, le cri du papier brûlé et la couleur rougeâtre qui brillait soudainement dans le paysage. Il adorait ça et remerciait d'un signe de tête l'homme sur le banc. « Il est joli. » dit-il tranquillement en lui tendant le zippo, caressant encore un instant l'objet. Un geste qu'il faisait souvent, sans doute parce que les plus petites choses, celles dont on croise l'existence seulement quelques secondes, c'est ce qui l'attirait, les trucs d'une autre époque, les machins oubliés dans le tiroir d'une grand-mère, les vieux carnets de cuisine qui utilisaient toujours le pétrole... Et encore, briquets et compagnie avaient une autre place dans sa curiosité avec plus d'impact que le simple dé à coudre trouvé dans la rue. Celui-ci avait attiré son regard, un coup d’œil de quelques instants mais un souvenir qu'il rangeait soigneusement parmi d'autres, pour une si petite chose. Il y trouvait les airs du temps dessus, un temps qu'il n'avait pas connu et qui avait couru sous les doigts de cet inconnu ayant ouvert les yeux devant lui en étant allongé sur le sol froid d'une galerie d'art paumée au milieu de nul part. Enfin, il aimait se dire qu'il vivait dans un endroit perdu, ça le faisait apprécier la ville d'une certaine façon.
Il tira un coup sur sa drogue, commençant à la tuer par un air aspiré qui attiraient les braises dans une course à la mort qui se finirait sur le sol de ce parc, piétinée. L'odeur lui emplissait directement le nez, taquinant le coin de son œil droit qui se faisait noyer sous la fumée piquante et sèche de la nicotine, fermant la paupière pour lui retenir une larme alors qu'il savourait avec joie sa chère et tendre cigarette qui lui offrait cette bouffée de liberté, même si au fond c'était la geôlière de son addiction, le condamnant à trémousser son nez si trop hardante et à rendre sa voix plus grave qu'elle ne l'était déjà. Mais il l'aimait sa clope aux timides braises que le vent voulait éteindre, allumée par la petite flamme que lui avait tendu son rêveur sur ce banc. Il le voyait d'ailleurs s'élancer lui aussi dans de grandes fouilles, devinant qu'il cherchait le fameux paquet écrasé. Alec précipita sa main directement dans sa poche, peut-être un peu trop rapidement après réflexion, comme s'il n'attendait que ça, et en sortit sa propre boîte en carton plié, aux bords estropiés et au fin film plastique enfoncé qui détenait ces trésors enroulées. Tout cela en oubliant qu'il tenait d'une main sa chère cigarette et que l'autre enfermait maladroitement ces fardes qui s'effondrèrent d'un coup, l'emmenant dans une tentative ratée de les rattraper tout en glissant la clope entre ses lèvres. « 'uck. » marmonna Alec après un court silence, son regard blasé fixant un arbre devant lui qu'il ne voyait pas. Ridicule. Il était venu en homme ridicule avec ses mots étouffés, il partirait en homme ridicule avec ses dessins éparpillés. Il tourna la tête vers l'homme, d'abord gêné, le visage sans la moindre expression, comme si rien ne s'était passé, et puis, sans comprendre pourquoi, sans prendre conscience qu'il riait de la situation, de leurs situations réciproques, il éclata de rire. Un ronronnement de sa gorge qui était bien rare et qu'il laissa aller en s'effondrant sur le banc avant de tendre le fameux paquet de cigarettes à l'inconnu. « Enfin, est-ce que vous pouvez ? dit-il en bafouillant un peu, arrêtant légèrement son geste après s'être rendu compte de ce qu'il faisait. Je veux dire... la cigarette ne vous est pas interdite ? » Ça y'est, il l'avait dit, il en avait parlé de ce malaise, en silence certes mais il l'avait quand même sous-entendu. Avec toute la délicatesse et la discrétion dont il ne possédait bien évidemment pas. Prenant conscience qu'il aurait du se taire il ravala ce rire qui flottait encore autour de lui et se contenta de  retirer un de ses sacs en bandoulière pour entreprendre le rangement de ce bazar avec des mains qui, il le sait, seront tremblantes de gêne et maladresse. Donc c'était ainsi, entre eux, cela devait être obligatoirement présent ?

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MessageSujet: Re: orage pour témoin de gorges nouées + (alex & alec)   Sam 13 Sep - 21:25



A priori Alexandre ne lui devait rien, autant que ce fameux inconnu qui avait eu la malchance de tomber sur lui. Ils ne se devaient rien, pas même un bonjour, ni un adieu, un regard serait même de trop. Et pourtant, les relations humaines se perdent au fur et à mesure que le temps s'écoule, et ça, Alexandre, il l'a remarqué. C'en est presque amusant comme dire quelques mots revient à se faire zieuter comme un extraterrestre, comme un simple sourire peut être perçu comme une insulte ou de la mauvaise manière. De nos jours, y'a le doute dans les veines, la peur dans le ventre et le dégueulis au bord des lèvres parce que ça se pavane sur tout et rien, ça se perd dans des réseaux sociaux qui ne veulent plus rien dire. Le monde court à sa perte sans qu'il s'en rende compte. De là, s'il avait été de ceux qui ne jurent que par un téléphone portable, il aurait pu le dévisager, le prendre pour un malade souhaitant taillader sa peau jusqu'à ce que mort s'ensuive. Néanmoins, l'illustrateur il y connaît rien, c'est tout juste s'il se donne la peine de s'affaler devant une télévision pour regarder la grosse série thriller du soir. Il se contente de peu, de rien, foutre d'hippie qui ne crache pas contre la société. Il la subit comme il peut avoir en pleine tronche une claque, une gifle, un poing, ça le fait saigner, ça fait mal, y'a un bleu par la suite pourtant on s'y acoquine parce que c'est ainsi et non autrement. Faites l'amour pas la guerre a dit l'autre, on s'fait plus tabasser à coup de fusils, toutefois on s'oublie dans les méandres d'une technologie qui dépasse l'être humain. Le progrès ça terrasse, ça fait du bien, du mal, comme tout et rien. Alexandre, il voudrait en rire comme un cinglé sur l'instant, sauf que radicalement, ça ferait fuir son interlocuteur qui paraît étonné, un peu pris sur le fait. C'est quoi qui le met dans cet état ? Le tutoiement compulsif surnommé Abberline ? Ou encore le fait qu'il ne se barre pas à l'anglaise comme un lâche ? Pinçant un peu plus sa lèvre inférieure, il continue inlassablement sa recherche inutile du paquet de cigarettes écrasé, si ça se trouve y'a rien et il reviendra bredouille. Enfin, paraît que les initiales AA ça va bien avec buté. « On va dire que c'est mon truc, même si la rage du pinceau inspiré s’est un peu fait bouffer par la tâche difficile de repasser sur les traits d'autrui, mais l'espoir de retrouver ce sentiment de satisfaction est tenace. » Haussement de sourcils, c'est qu'il cause bien en plus le bellâtre aux yeux profonds. Il ne se ménage pas, ils font partie de la même maison, viennent du même trou douteux de l'art qui se veut aussi changeant que violent. Manquerait plus qu'il ajoute qu'il est illustrateur et ce serait le pompon, le trentenaire tomberait donc enfin nez à nez avec la fameuse âme soeur dont on entend si bien papoter dans les bouquins idylliques. « Restaurateur au John Moore Museum. » Zut, il y était presque en plus. Abordant un sourire convaincu par les paroles de l'inconnu aux cheveux charbon, il vient à penser que le hasard fait bien les choses. C'est vrai, il aurait pu être avocat, médecin ou encore surveillant dans une école. Malgré tout non, il a fallu qu'il tombe sur un type de la même trempe que lui, qui dans le mois connaît bien la galère bien que ce soit un fait indéniable pour Alexandre, pour cet autre ce doit être bien plus stable. Ils ont la passion des couleurs, le déhanché des crayons, la maladie de prendre l'instant sans pour autant l'avoir totalement. De ces perfectionnistes qui ne ratent jamais une occasion d'avoir ce qu'ils veulent, ils sont nés comme ça, ils y peuvent rien. Sur le coup, Alexandre il se sent même carrément mieux. C'est pas bien gravissime si un collègue lointain l'a vu s'effondrer, il doit connaître lui aussi cet instant où la fatigue retombe, pas vrai ? Non, c'est faux. Abberline est le seul à s'écrouler comme une demoiselle en détresse quand l'instant ne le permet pas. Chez lui c'est pas bien rare qu'il le fasse, et vaut mieux même pas s'étaler sur le cas de Ginger frôlant l'infarctus à chaque frémissement de doigts de son frère aîné. Là, c'est une première, il en faut dans tout à ce qu'on dit, sauf que Alexandre ça l'embête, ça le pousse à se sentir tout crispé. « Il est joli. » Répondant merci d'un geste de tête, il rattrape son objet presque fétiche qui en a vu des vertes et des pas mûres de sa main libre pour le glisser dans sa veste. Naturellement l'illustrateur vient à se dire qu'il va partir après avoir allumé son bâton de cancer, c'est avec étonnement qu'il le zieute ne faire plus qu'un avec le sol. Jusqu'à ce que lamentablement ses toiles se fassent la malle, qu'il essaie tant bien que mal de les rattraper en faisant comme si bien évidemment rien ne venait de se dérouler sous les yeux de son voisin de banc. Maladroit qui touche à la peinture, un combo qui à vue d'oeil est totalement saugrenu. Pourtant, le mortel n'est-il pas fait de ceci jusqu'au plus bout d'A.D.N qui le constitue ? Étant capable de prouesses comme d'horreurs ? Un personnage gauche fera bien des pitreries, néanmoins il pourra s'estimer heureux d'être très appliqué sur ce qu'il fait avec coeur. Le grand bouclé se retrouve assis à côté de lui, lui tendant un bout de carton contenant l'élixir de jouvence dont ils sont dépendants. Un petit sourire en coin de lèvres un peu dépité de la part d'Alexandre apparaît puis disparaître bien vite, alors que sa main se prépare à en attraper une, l'éphèbe pâlichon rétorque. « Enfin, est-ce que vous pouvez ? » Est-ce qu'il lui demande ce que Alexandre redoute ? Non, il ferait pas ça.

« Je veux dire... la cigarette ne vous est pas interdite ?  » Et ben si, en fait. Grimace loin d'être voilée sous une dose de bienséance, Abberline attrape directement une clope avant qu'il ne le lui reprenne. Forcement, ç'aurait été trop beau que la curiosité ne reprenne pas le dessus. Il peut pas lui en vouloir, il a réagi de la mauvaise manière ce jour-là en affirmant qu'il allait bien, qu'il n'avait besoin de personne. Parce que Alexandre, sans qu'il le sache, ni s'en doute, il a besoin de la populace qu'il adore autant qu'il peut détester. Le zippo quant à lui fait son grand retour, allumant l'objet du délit se coinçant entre ses lèvres. Il tire une fois, deux fois, laisse un silence planer, cherchant de quoi lui donner matière à ne plus trop s'étaler sur le sujet migraines harassantes d'un adulte maigrichon. Depuis quand ? Toujours. Pourquoi ? J'en sais rien. A cause de qui ? D'un autre lui qui veut lui faire comprendre que souffrir n'est pas qu'une question psychique, qu'elle peut être aussi incroyablement physique. Que doit-il marmonner sans possibilité de retour ? Inventer un bobard ? Ce serait la solution de facilité que dans sa famille l'on prend le plus clair du temps quand les problèmes sont trop présents. Il y gagnerait quoi à lui mentir ouvertement ? Après tout, ce type lui a rien fait, si ce n'est faire office de présence, il a même été son grand sauveur alors que des tas d'autres hommes et femmes regardaient sa carcasse se décomposer sous l'impulsion d'un cerveau malade. « J'suis pas malade si c'est ça que tu te demandes, encore moins condamné. » Qu'il glousse quasi délicatement en reprenant une taffe tout en zieutant un peu la fumée qui s'évade petit à petit. « D'toute façon une de plus ou de moins, j'aime à m'dire que de nos jours on a plus rien à perdre. » Même l'existence peut se sacrifier à coups de délires qui ne tiennent pas debout. La sienne de chienne de vie, elle va durer encore combien de temps ? Il a passé le cap des trente années sans trop d'embûches, seulement, plus l'aiguille tourne, moins ses douleurs se font supportables. Déjà que gamin il hurlait au supplice, aujourd'hui ce n'est plus qu'une veine qui pète et s'éparpille dans sa boîte crânienne, le rendant à peine fataliste. Il aimerait bien que son sauveur fasse plus que ça, qu'il lui refile un remède miracle, que par le biais de ses peintures il arrive à lui offrir le bénéfice d'une paix éphémère, parce que là, il a plus le coeur qui balance. Plus trop. « Et si j'peux me permettre, je pense qu'on a largement dépassé le stade du vouvoiement hypocrite. » Et il garde encore ce fameux sourire sur la tronche, il s'arrête jamais. De toute façon y'a pas de quoi pleurer, se miner ou s'enterrer six pieds sous terre comme une autruche, bien qu'honteux de son état qui a forgé son image comme étant un pantin aux fils coupés. Lui, comment est-ce qu'il le voit ? Alexandre il se le demande sans chercher concrètement le pourquoi du comment. Faut croire que ça l'intéresse, ça le titille jusqu'au plus profond de son âme, comme si quelque part ça avait une importance quelconque. En toute logique, ça devrait pas, il sait rien de son cas si ce n'est qu'il est restaurateur. Cependant ça l'est, qui plus est ça le pousse à pester dans sa petite tête, il est pas franchement friand des sensations inexplicables dans la peau. Puis d'un mouvement sa main libre se tend dans les airs en direction du second peu bavard. « Alexandre. Illustrateur à temps plein et victime pitoyable dans mes heures libres. » Boutade pouilleuse en plus, c'est pas qu'il est pas doué pour se présenter, c'est juste qu'il en zappe les règles de la politesse fondamentale anglaise. Ce serait bête qu'ils arrêtent ce commencement ici, en plus ça le foutrait mal. Oui, ça le frustrerait de n'avoir aucune lettre à mettre au-dessus d'une tête à la chevelure un peu en foutoir. Il veut savoir. Tous deux veulent connaître, l'un ou l'autre, les secrets qui rongent les os et les banalités qui peuvent prendre des dimensions considérables. Qui est l'un, qui est l'autre, finalement ils ne forment qu'un minuscule tas de cendres. De la cendre à la poussière, de la poussière à la cendre, ils sont de la même matière.

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Artaud
« émouvant comme une catastrophe. »


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