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 (alexandre) help, I need somebody; help, not just anybody

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GIBBOUS



☾ RÉINCARNATION : Georges Méliès (1861 - 1938)
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MessageSujet: (alexandre) help, I need somebody; help, not just anybody   Lun 18 Aoû - 22:05


''Si l'on tombe aux portes de la mort,
Se relever bien vite et danser encore et encore.''
Ginger n'a jamais été célèbre. Ginger ne fera jamais la première page des tabloïds. On ne verra jamais Ginger à la télé pour faire la publicité de sa nouvelle pièce, et quand elle fermera les yeux une dernière fois, personne ne parlera de Ginger. Dix mois plus tard tout au plus, on prononcera son nom une dernière fois, et elle passera de Ginger Abberline à « une vieille amie », « mon ancienne copine » ou « ta tante, celle que tu n'as jamais connue ». On videra son appartement et il ne restera plus d'elle que quelques photos au fond d'un téléphone qui finira vite à la casse ou dans un album photo qui prend la poussière dans le grenier des parents. Pas plus de vingt personnes ne sauront dire qui elle est, demain, et le jour d'après, quand elle arpentera les rues. Ni ici, ni à Londres, ni Paris, ni Tokyo. Ginger Abberline ne sera jamais « l'enfant prodige », « la nouvelle à surveiller » ou « la révélation », et elle ne foutra probablement jamais des étoiles dans les yeux des gamins au point de les convaincre qu'ils veulent faire comme elle, être comme elle. Ginger ne sera jamais ni Madonna, ni Baudelaire, ni Dalí. Elle ne sera jamais rien de plus qu'une poussière dans l’œil terrestre, un grain de trop qu'on enlève du bout du doigt. Peut-être avec la douceur d'un mouchoir, peut-être en l'écrasant avec le doigt. Quand elle aura passé la quarantaine, peut-être que Ginger ne trouvera même plus de rôles, même pas des petits. Elle finira peut-être à la rue, ou forcée de retourner chez les parents, ou d'envahir son frère qui grognera de la voir là sans cesse. Et pourtant, elle continue. De marcher et de courir et de voler au-dessus des planches, parfois avec grâce, parfois avec maladresse. Elle écorche les mots et se reprend, recommence, recommence, recommence. C'est une acharnée, Ginger. Quand elle se permet une pause, sa poitrine se soulève rapidement, et elle souffle fort, à bout de force. Et pourtant, elle repart. Et répète les discours qu'elle connaît par cœur, et relit les scripts pour être sûre des déplacements. Puis, pour être sûre, Ginger refait chacune de ses scènes, les yeux clos. Et encore une fois, répète ses phrases devant le miroir. Ginger ne sera jamais une star, jamais une célébrité ni celle qui fait rêver et réfléchir, mais elle refuse d'avoir l'impression de faire moins bien ; si elle ne perce jamais, ça ne sera pas par manque de travail. Ses maladresses lui causent quelques égratignures aux genoux et de petites irritations sur les paumes des mains quand elle répète depuis une semaine et plus, week-ends y compris. Elle n'aime pas devoir se contenter de l'à peu près. Quand elle débarque sur scène, même cachée derrière sa crinière, elle ne veut pas risquer de se tétaniser. Si on l'appelle, si elle entend des « Ginger ! », elle ne veut pas se retourner. Une fois les pieds sur le plancher, elle est Marie et Catarina et Juliette et Oedipe, elle peut être le premier rôle comme le dernier, mais rien qui ait avoir avec elle-même, Ginger, vingt-huit ans, comédienne.
Alors elle est là. Depuis une, et deux, et trois, et quatre ou cinq heures. Elle jette des regards rapides vers sa montre plus par habitude qu'inquiétude, ne prête pas attention ni aux chiffres ni aux aiguilles. Le temps pourrait bien s'arrêter pour repartir en arrière, elle n'y ferait même pas gaffe. Plongée dans son rôle, Ginger est imperturbable.
Elle récite ses vers, une nouvelle fois. La tête haute et le dos droit, le torse bombé, les pieds comme enracinés dans le sol. Son visage est en sueur, mais elle n'est pas encore au bout de ce que son corps peut lui permettre. Au moindre bruit extérieur, son esprit s'envole et repense, au choix : aux étoiles, aux forêts, aux océans. À la douche froide qu'il lui tarde de prendre, à la soirée qu'elle va passer au fond de son lit, au lendemain où elle recommencera, et pensera de nouveau au lendemain, au sur-lendemain et au jour d'après. La tête remplie de distraction, Ginger s'avance, mais se ramasse de tout son long. Elle reste là un moment, en étoile sur les planches froides, la poitrine qui se soulève bien plus vite et fort qu'elle ne devrait le faire normalement. Elle passe une de ses mains sur son front, la laisse retomber sur son estomac. Doucement, Ginger ferme les yeux. Quand elle les rouvrira, elle ne sera plus là, plus parterre, plus dans la théâtre. Elle ne sera même plus rousse, plus tout à fait sûre d'être femme non plus. Plus tout à fait sûr(e) d'être. Un sourire aide à dessiner ses pommettes, et elle compte du bout des lèvres : un, deux, trois avant de rouvrir les yeux, pleine d'espoir, puis déçue.
Quand elle n'y arrive pas, Ginger se dit qu'elle aurait du être technicienne dans l'ombre, ou souffleur, ou joueuse de triangle. Elle n'aurait jamais eu à se montrer aux autres. Sans besoin de se montrer, pas de risque de les décevoir. Pas de risque de se décevoir. Aucun risque de s'en vouloir, de s'en haïr, de se tourmenter pour une ligne mal prononcée, un coup de pinceau mal assuré ou un paragraphe mal tourné. Être une autre, ça lui plaît, mais elle aurait pu le faire, un peu plus tristement, dans son appartement. À chaque rencontre elle aurait pu donner un nouveau nom et mettre des perruques ou se maquiller et s'habiller totalement différent. Elle aurait pu prétendre à qui veut l'entendre qu'elle avait été un homme, un jour. À un autre qu'elle était bonne sœur. À un troisième qu'elle est une princesse lointaine, ou la sœur cachée de Loana. Elle pourrait être mille personnes à la fois, et quelle belle vie elle aurait, un jour italienne et un jour française. Elle n'aurait plus à s'écorcher les pieds ici, elle n'aurait plus à s'enfermer là-dedans, pour répéter, elle n'aurait plus à s'entraîner pour prendre la place d'une autre qui trouvait ça tellement plus simple. Et à la place, elle répète cent et cent fois encore chacune de ses phrases, appuie bien les liaisons, fait attention au fourche-langue. Et si elle pouvait être une autre en n'ayant qu'à fermer et rouvrir ses yeux, elle voudrait bien donner un de ses bras.
Elle se redresse, doucement, puis se relève et s'étire. Il faut qu'elle s'entraîne encore, et si ça continue il faudra même s'entraîner à tomber pour se faire moins mal les prochaines fois. Ginger s'apprêtait à s'élancer une nouvelle fois, à s'essayer une millième fois à danser avec le vide entre ses bras, mais elle n'a jamais été bien douée pour ça. Alors seule, c'était du suicide.
Le bon point dans sa vie, c'est qu'elle et son frère ont toujours eu une synchronisation irréprochable. Elle a faim et il arrive avec le poulet, elle veut dormir et il éteint la télé, elle a besoin de s'énerver et il trouve de quoi se plaindre. Et, éventuellement, il tend l'épaule quand elle veut pleurer. Le porte s'ouvre en grand, et Ginger relève la tête, presque choquée. Pour une fois, j'suis contente de te voir ! Un sourire fend son visage en deux, et Ginger se précipite au pied de la scène avant de courir jusqu'à son frère. Pour la forme, elle écrase rapidement un baiser sur sa joue, puis prend sa main et le tire sans demander son avis jusqu'à la scène. J'avais b'soin de toi, j'y arrive pas toute seule. Elle dévale les quelques marches étroites et se place au centre de la scène. Elle enlève à son aîné son manteau, rapidement. T'en auras pas besoin, elle se place en face, et si jamais : non, t'as pas l'choix. Elle inspire un grand coup, redresse son dos, essaie de se concentrer un instant. J'ai besoin de danser une valse, alors t'es gentil et tu t'applique. Si jamais t'essaie de t'enfuir, j'ai un spray au poivre dans mon sac, alors évite, ça me ferait mal au cœur. Elle fait mine de réfléchir, un instant. Enfin, juste un peu, quoi. Elle prend les mains de son frère, l'oblige à en placer une sur sa hanche, gardant l'autre au creux de la sienne. Puis, presque comme si elle essayait de s'introduire dans son esprit, Ginger plante son regard dans le sien. Et puis fais pas la gueule, hein, si tu m'aides je te file un numéro. Elle met un petit coup de pied dans la jambe de son frère pour lui faire reculer un peu un de ses pieds, avant de placer les siens comme il faut. Je suis sûre qu'il t'inspirera pour un des trucs bizarres que tu peins, des fois.

_________________

(Je m'adresse ce soir à ce que vous êtes vraiment : des sorciers, des sirènes, des voyageurs, des aventuriers, des voyageurs, et des magiciens.)
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MessageSujet: Re: (alexandre) help, I need somebody; help, not just anybody   Dim 14 Sep - 19:06



Le théâtre son démon, le théâtre son horreur, le théâtre sa fascination. C'en est inquiétant de voir qu'un seul lieu peut faire l'effet d'une bombe sur une seule personne. Alexandre, il a jamais été vraiment lié avec cet univers bien étrange qu'est celui du changement de personnage, des scènes qui se posent, s'entreposent et ne sont pas crédibles. Non, ça c'est plutôt le délire de Ginger qui se plaît à se dénigrer, se faisant tantôt passer pour une âme en peine, tantôt par une pucelle guillerette qui découvre son premier amour. Lui, la scène, ça lui refile des frissons jusqu'à ce qu'il en tire la tronche jusqu'au sol, parce que depuis pas mal d'années il voit que ça dans ses dessins. Le théâtre, foutre de nom de Dieu, il doit être atteint d'un sorte de trouble de drame, ça lui refile des boutons, ça lui donne envie de vomir. Pourtant, sans raisons particulières qui lui viennent à l'esprit, y'a toujours une sensation de chaleur dans l'estomac qui vient le rassurer, le réconfortant dans l'idée qu'il est fait pour ça. C'est pas vrai, c'est faux, totalement loupé, si c'est son Jiminy Cricket qui veut un nouveau Pinocchio, il est tombé sur la mauvaise pioche. Parce que chez les Abberline c'est toute une philosophie de vie de ne pas se faire guider par quelqu'un d'autre, on répond à ses propres envies, on se butte à vouloir avancer comme on le décide, c'est comme ça, c'est tout. Ce n'est certainement pas des mains cinglées qui vont le faire basculer dans l'entre bien trop glauque des metteurs en scène. Il aime pas ça de toute manière. Le plus déplorable c'est que l'illustrateur a la même appréhension à chaque fois qu'il se retrouve devant cette grande porte. Il la scinde, la zieute, sent sa matière grise lui faire faux bond, commençant petit à petit à lui taper dans le crâne. C'est quoi son souci hein ? Il doit pas être totalement bien, c'est vrai quoi, ici y'a souvent des mômes qui viennent pour les théâtres bourrés d'actions, y'a des rires, des pleurs, des sourires crétins. Tout ce qui tire dans l'émotionnel, en général ça lui plaît. Néanmoins là, c'est différent. Il fait l'effort pour sa rousse de cadette, naturellement il n'irait pas se planquer ici en cas de fin du monde, loin là, préférant peut-être même y passer de la manière la plus ridicule possible. Pinçant sa lèvre inférieure, mains coincées dans le fin fond des poches de son manteau, c'est d'un pas peu convaincu qu'il pousse l'immense bout de bois grinçant. Un regard est lancé envers la réceptionniste dont il ne se souvient jamais le nom qui d'un geste de tête lui montre la salle où se trouve Abberline deuxième du nom. A force on le connaît Alexandre, on se moque de lui gentiment avec sa tête de renfrogné en lui chantant que la vie est belle. Elle l'est, c'est sûr, mais pas ici. C'qui est amusant c'est qu'à chaque fois qu'il débarque ici un peu à l'improviste - ou quand Ginger la maudite l'appelle en chouinant - il redécouvre les décors, les sièges rouges, les rideaux qui prennent un peu la poussière. Il en tirerait un certain plaisir si son travail ne virait pas à l'obsessionnel, au fond ce doit pas être lui qui prend son pied. C'est l'autre, c'est l'autre. Secouant ses boucles noires dans un mouvement de tête maladroit, il s'avance et sans avoir le temps de hurler bonsoir à toute la planète, sa soeur le coupe. « Pour une fois, j'suis contente de te voir ! » Un baiser sur sa joue sans explications. Fichtre, elle doit être de très bon poil pour aller jusqu'à poser ses lèvres sur sa peau froide. Ce n'est pas pour lui déplaire, oh certes il n'avouera jamais qu'elle compte un peu trop dans son petit coeur tailladé, néanmoins c'est ce qui est. Ginger c'est la plus petite, celle qui faut protéger comme engueuler quand il y a besoin. Quand elle est triste, c'est tout pareil pour lui, quand elle a la dalle, ils ont l'estomac qui râle en même temps. Ils sont si différents, et si proches en même temps. Faut dire ce qui est, Ginger avec sa chevelure rebelle et flamboyante, elle fait pâle figure à côté de la dégaine de croque-mort de son frère - ou serait-ce l'inverse ? Même leurs yeux partent d'un extrême à un autre, variant d'une améthyste profonde à un saphir tempétueux. Si y'avait que ça, leurs caractères s'emboîtent parfaitement comme se recrachent, ils incarnent ce qu'ils adorent et détestent le plus. Qu'est-ce qu'ils font encore là ? Ils devraient s'entre-tuer. « J'avais b'soin de toi, j'y arrive pas toute seule. » Derechef tiré sur le parquet vieillot, forcément l'aîné dans toute cette mésaventure il a strictement rien à dire, sinon la cadette elle pique une crise en se roulant au sol. Ouvrant tout juste les lèvres pour geindre, Ginger le prend à nouveau de court. « T'en auras pas besoin. Et si jamais : non, t'as pas l'choix. » Manteau dégagé à l'instar d'un bout de chiffon, ses sourcils se froncent. Allez, c'est quoi sa lubie aujourd'hui ? Une exposition nudiste frôlant l'inceste à The roses theatre ? Connaissant un peu la bête, il va pas se le cacher, Alexandre commence à craindre le pire. Simplement il en vient à essayer de trouver l’échappatoire la plus proche qui s'avère être une petite porte de sortie à quelques mètres. Il pourrait courir comme un dératé, attraper la poignée et tirer la langue en bon gosse, l'souci c'est que de toute façon Ginger lui ferait un croche-pied mémorable pour qu'il se fasse couper les ailes. Ah doux rêve, douce utopie, il est fait comme un rat.

«  J'ai besoin de danser une valse, alors t'es gentil et tu t'applique. Si jamais t'essaie de t'enfuir, j'ai un spray au poivre dans mon sac, alors évite, ça me ferait mal au cœur. Enfin, juste un peu, quoi. » Bavarde, elle l'est et de manière assez puissante comparée à Abberline senior qui se veut à peine plus discret. Ils peuvent s'étaler des heures sur des sujets souvent inutiles, comme la couleur du ciel, de l'herbe, pourquoi la peau prend telle ou telle couleur, pourquoi aimer et pourquoi pas, même ce qu'ils sont. Cette capacité de partir en roman ils tiennent ça de personne, c'est un petit truc tout particulier qui appartient à ce duo improbable qui en général s'en vante, c'est pas donné à tous le monde de pouvoir débattre sur le commun des mortels sans exploser à un moment ou à un autre. Et Alexandre dans tout ça, il se laisse faire, petite marionnette qui ne peut grogner contre les fils qui dirigent ses membres. « Et puis fais pas la gueule, hein, si tu m'aides je te file un numéro. » De qui ? D'un de ses collègues ? De celle qui s'occupe des lumières ? La tête d'Alexandre paraît encore plus déconfite alors que d'un mouvement de jambe elle place mieux son frère pour qu'il fasse ceci à la perfection. « Je suis sûre qu'il t'inspirera pour un des trucs bizarres que tu peins, des fois. » S'il montre ses "oeuvres" à peu de personnes, Ginger elle, elle utilise une autre technique, elle fouille quand il s'affale sur son canapé pour piquer un somme, elle se la joue panthère rose pour admirer les traits de crayon qui se fondent dans le papier. Puis forcément, elle découvre ce qu'elle ne doit clairement pas voir. Il est terrible de voir qu'une seule personne peut percer les secrets, briser cette bulle de métal faites expressément pour ne pas être éclatée. Ginger, elle, elle casse tout, ce doit être à cause de son super pouvoir de rousse. « Tu parles trop, j'devrais t'envoyer dans un camp de redressement pour pies dans ton genre. Et piapiapiapia. » Maintenant qu'il peut enfin l'ouvrir, il ne se prive pas. C'est pas franchement le salut dont on s'attend de la part d'un proche, toutefois, Alexandre il correspond pas tellement à ce que l'on se fait d'un être humain classique. Il s'dit pas différent ni unique, disons juste qu'il fait à sa manière sans prendre en conscience les règles de bienséance, ça plaît, ça déplaît, de toute façon il a pas de patron pour le virer ou un client pour l'engueuler. « M'enfin, moi je veux bien te filer un coup de patte, c'est pas l'problème. » Mais, parce qu'il y a toujours un mais dans une phrase digne d'Alexandre Abberline qui se penche un peu en avant, zieute de gauche à droite comme un gamin qui va cracher un truc qu'il aurait vu à l'oreille de sa douce. « Le hic c'est que j'sais pas danser. » Ses mains se glissent alors sur les épaules de sa soeur qui ne tardera pas à lui faire payer cet affront. On ne contredit jamais Ginger sous peine de se prendre un pain en pleine figure, bien qu'elle soit une fille douce en apparence, avec lui elle se révèle être un genre de monstre capable de tout pour avoir ce qu'il veut. L'acharnement est la clef de tout être humain qui ne veut plus prier sa bonne étoile, un fait indéniable. « Tu sais qu'la fille qui fait l'accueil est encore là ? Elle m'a l'air plus apte à te faire faire le lac des cygnes. Sophie ? Lydie ? Mary ? J'sais plus, en tout cas je suis convaincu qu'elle pleurera de joie quand tu viendras à ses pieds faire ta demande de danse. » Il bougerait pas pour autant, il est même carrément vissé sur la surface en hauteur qui surplombe légèrement les places écarlates. Il joue avec ses nerfs, semblable à un chat qui s'occupe des heures durant avec une pelote de laine. Ils font quoi ? Le tango des âmes perdues, le ballet des désespérés, le boléro des soupirs. Quand il y pense un peu plus sérieusement, il s'dit que son existence relationnelle se résume à ça. Des danses qui n'en finissent jamais, souvent rapides, quelques fois lentes qui réservent des surprises parce que c'est la définition même du hasard. On sait pas. On sait jamais. Avec du bol Ginger pourrait le laisser filer ou le faire s'assoir au sol pour qu'il regarde sa prestation. Cependant, connaissant son karma, l'espoir d'avoir cette éventualité s'éparpille jusqu'à disparaître.
Un, deux, trois, c'est comme ça que ça marche.
Un, deux, trois, un, deux, trois.

_________________

Artaud
« émouvant comme une catastrophe. »


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