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 ezegan ☇ all your monsters in the night they come to life.

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CRESCENT



L’IMBRÛLÉE.

☾ RÉINCARNATION : jeanne d'arc (1412-1431.)
☾ OCCUPATION : en cours de recherche.
☽ AVATAR : emilia clarke.
☽ CRÉDITS : nenes.
☽ MESSAGES : 38
☽ INCARNATION : 22/07/2014
☽ ÉTOILES : 49
MessageSujet: ezegan ☇ all your monsters in the night they come to life.    Mar 29 Juil - 21:59




souvenirs.

So when the pain of your mistakes keeps you awake,
And all your skeletons rattle in the chains,
Intoxicated by the fear and the flames,
There's paranoia in your veins.

___________________

« Maman ... mange. » Elle lui demande, d'une voix lasse. Morrigan est fatiguée. Fatiguée puisqu'elle ne dort plus, fatiguée à trop réfléchir, fatiguée à faire le deuil d'elle-même. Elle s'y refuse, mais elle n'a pas le choix. Elle ne fait plus la différence. Qui est-elle ? Qui n'est-elle pas ? Elle a oublié. Son être tout entier, son âme quémande un repos qu'elle est bien incapable de leur offrir. Ce n'est pas l'envie qui manque, pourtant, mais sa tête est bien trop remplie de problèmes d'adulte pour leur permettre de dormir. Et si elle a, un instant, imaginé inhaler le capharnaüm dans son esprit à coup de malboro light, elle a vite déchanté : elle déteste la cigarette puisqu'il faut une flamme pour l'allumer, et se promener avec un briquet lui est proscrit depuis cette fameuse nuit. Nuit de cauchemar. Elle n'arrive pas à oublier, elle n'arrive pas non plus à se souvenir. Tout devient paradoxale, une fois enfermée dans son minuscule appartement. Elle n'aime pas penser à ce jour fatidique, pourtant, elle ne cesse de le faire, face à sa toile vierge, face aux pages blanches, face au piano inactif. Elle n'y arrive plus. Se battre, encore et encore contre le courant, ce n'est pas elle. Morrigan est lâche, Morrigan abandonne, Morrigan ne se bat pas, Morrigan courbe l'échine, ça a toujours été ainsi. On lui a arraché son seul petit-ami, elle a laissé faire, prétextant que se battre aurait été inutile. Et ça l'était. Mais se battre pour la forme, se battre pour ne pas oublier, voilà la seule solution. Ses doigts agrippent le pinceau mais refusent de poser sa trace sur la toile blanc cassé. Ses mains caressent les touches du piano mais chaque note sonne fausse à ses oreilles expertes et si elle apprécie retourner encore et encore son stylo entre ses doigts, elle n'arrive pas à aligner trois pensées cohérentes sur le papier. Son monde s'est cassé la gueule à ses pieds, et elle ne sait pas comment y remédier. « Pas faim. », qu'elle répond. D'une voix rauque. D'une voix salie, souillée par l'alcool, souillée par les cigarettes, les joints, les conneries, les erreurs dignes d'adolescents. Sa mère ne s'en est jamais remise, elle, de la mort de son petit monde parfait. Morrigan devrait se sentir mal. Elle ne la plaint pas. Chacun son tour, maman, d'avoir mal. Sauf que Morrigan, elle paie encore et toujours. Elle paie l'absence de ses soeurs, elle paie les rires oubliés, les sourires effacés, les chansons muettes, les souvenirs calcinés, les cadeaux embrasés. Elle paie, encore et encore, pour un rêve. Pour un souvenir. Pour une chose qu'elle ne connaît pas, qu'elle ne comprend pas. Pour une chose qu'elle déteste et dont elle ne veut plus. Gardez-les, vos souvenirs. Gardez-le, votre courage, gardez-la, votre détermination. « Mange. Tu vas mourir de faim. » Et sa mère se met à sourire.  Ce sourire morbide, ce sourire macabre, Morrigan se souvient alors que c'est elle, cette femme morte, ce cadavre survivant, cette ombre sombre qui détient son avenir entre ses mains. Elle déglutit. Les mots se coincent dans sa gorge et elle ravale ses cris. Elle oublie un instant l'appel des flammes, elle ne regarde pas le briquet sur la table et serre l'assiette entre ses doigts. Il faut que sa mère mange. Il faut qu'elle se remette à vivre. Dans quelques mois, Morrigan retrouvera son travail. Elle ne rentrera plus, faisant des millions d'heures en plus si possible, pour éviter cet appartement. Elle dormira sur un banc, dans un putain de désert, n'importe ou sauf ici, là ou il n'y a personne à tuer, là ou il n'y a personne pour la regarder de travers. Parce qu'elle les voit, Morrigan, les yeux insistants. Les regards lubriques qui caressent ses formes. Elle sait qu'elle est dans leurs rêves. Un peu d'elle à tout le monde mais jamais entière à personne. Elle sait qu'elle hante quelques pensées dans ce bar ou elle passe ses journées. Morrigan n'est pas stupide, et les pourboires surélevés sont souvent synonymes d'un verre dans le salon privé du client. Heureusement, Morrigan, elle sort par l'arrière, puis elle court quand elle a fini sa journée. Elle court jusqu'à chez elle, puis elle fait demi-tour. Nulle part ou aller, et partout ou il ne faut pas rester. « Tant que je suis loin de toi, chérie, je devrais survivre. » Remarque désobligeante, Morrigan sent la rage monter. Elle n'arrive pas à l'arrêter. Pas cette fois. Pas aujourd'hui. Elle lâche l'assiette qui se brise au sol, au rythme de la mélodie de Gabrielle Aplin, en fond. Elle se rappelle que Lucy s'endormait sur ces chansons. Elle se souvient, Lucy et son sourire mutin, Lucy et son rire communicatif. Lucy, sa petite soeur. Lucy morte, Lucy cadavre calciné, Lucy patiente de la chambre trente-cinq, Lucy, souvenir. Elle attrape son manteau gris, gris ciel, gris éteint, gris malheur et sort de l'appartement sans se retourner. Elle avance, sans même se retourner. Elle suit les lumières, trop fortes, floutées, elle s'avance dans l'ombre, elle n'observe pas les voiture qui filent à toute allure sur la route limitée à cinquante. Elle ne regarde pas les fêtards qui rentrent dans les bars. Elle fixe ses chaussures, et marche. Marche pendant une heure, peut-être deux, sans doute plus, en quête du calme. Mais il ne vient pas. Elle enrage. Elle se sent mal. Et sa mère, sa mère qui n'arrête pas. Morrigan aimerait l'étrangler, la faire cesser de jacasser, éteindre les deux flammes macabres dans ses yeux, la réduisant éternellement au silence. Se libérer de ses démons. Réapprendre à vivre. Peut-être à aimer, un peu, sans doute jamais assez. Elle resserre les pans de son manteau contre elle et observe le sol. Craquelé, fissuré, il a perdu toute sa superbe d'autrefois. Elle se souvient, pourtant, des jours ou elle aimait tant le fouler. Elle rejoignait Ezekiel ou Cordélia, des gâteaux pleins les mains pour elle et un peu d'amour et beaucoup d'eau fraîche pour lui. A l'époque, ça suffisait. Puis la fameuse nuit. Et le changement. Elle se sent vieille, vieille et fatiguée. Vingt-cinq ans et l'impression d'en avoir quarante de plus. Vieille et désabusée. Désabusée et perdue. Perdue et seule. Elle soupire dans la nuit. Puis une voix. Une voix plus rauque que dans son souvenir, certes, mais tout à fait semblable. Une voix qui lui chuchotait milles choses à l'oreille, la plongeant dans un monde tout autre ou le maître mot était liberté. Une voix qu'elle a aimé, fut un temps. Le cadavre d'un souvenir dont elle pensait s'être libérée. Elle n'en veut plus de cette voix qui l'a hanté, les premiers mois de séparation. Elle n'en veut pas, de ces tonalités puisqu'elle les connaît, un peu, plus vraiment. Et les souvenirs, qui déferlent en elle alors qu'elle n'en veut pas. N'en veut plus.
Ezekiel.
A l'époque, leur relation avait fait sensation. L'âge, d'abord, puis leur réputation. Morrigan, la première de la classe, assez marrante mais constamment poussée par ses parents, monsieur et madame tout le monde, refusant qu'elle ne soit entourée sans pour autant qu'elle ne soit rejetée. Ezekiel, le tombeur. Un mot pour le décrire était plus que suffisant, et pourtant. Elle l'avait aimé. Dieu seul sait si un jour elle avait réellement réussi à étouffer cette partie de sa vie. Elle était persuadée d'avoir perdu ce petit espoir de redevenir Morrigan, un instant.
Ezekiel.
Puis elle se souvient. Elle se souvient des lettres qu'elle n'a jamais pu envoyer, des non-dits, du combat jamais amorcé. Elle se souvient de tout et surtout de sa colère contre sa mère, contre lui au fond, qui n'a pas pu être là pour la soutenir. Imbécile. Jamais présent quand il faut. Il est là, face à elle, discutant avec une charmante jeune femme à la beauté évidente, rien de subtile. Tout dans la poitrine, rien dans le regard. Elle soupire. Il se retourne. Elle est à quelques mètres de lui et il l'observe. Il n'a pas dû la reconnaître. Ou peut-être que si. Elle prie. Elle prie pour qu'il ne la reconnaisse pas. Elle continue d'avancer dans le noir, le visage rentré dans son manteau, ses cheveux cachant une bonne partie de son visage. Trop tard. « Morrigan ? » Elle grimace. Se retourne. Et l'observe. Il n'a pas changé, quelque peu grandi, vieilli peut-être, mais n'a pas changé. Ce qui est un compliment, sans doute, venant de la jeune Longstride. Il attend visiblement qu'elle s'avance. « Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire au bon dieu pour tomber sur lui ? », elle marmonne, mécontente. Marcher, juste marcher pour se vider la tête. Raté. Puis elle avance vers lui, incertaine.





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FIRST QUARTER



L' A L C H I M I S T E


☾ RÉINCARNATION : GILLES DE RAIS ( 1405 - 1440 )
☾ OCCUPATION : NOUVEAU DIRECTEUR DE L'ASILE, HÉRITÉ DE SON POPA.
☽ AVATAR : RICHARD MADDEN
☽ CRÉDITS : TEARSFLIGHT & TUMBLR
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☽ INCARNATION : 01/07/2014
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MessageSujet: Re: ezegan ☇ all your monsters in the night they come to life.    Mar 12 Aoû - 0:05

⊰ FILTHY NOSTALGIA


« Fait chier ! » « Qu'est-ce qui se passe ? » « Je viens d'avoir Morrigan au téléphone. Des morues du lycée sont venues l'emmerder à son collège, encore. » « Ah merde. » « Désolée mec, je vais devoir y aller. Je vais aller la rejoindre. » « Ok... » « Quoi ? » « Rien, rien. » « Arrête, je te connais. Dis-moi. » « Tu ne trouves pas qu'elle t'attire que des problèmes cette gosse ? » « Et voilà, ça recommence... » « Je te dis juste encore mon avis, Eze. » « Écoute, arrête de t’inquiéter. On a quelques soucis, c'est vrai. Mais, tout se passe bien entre nous sinon. » « Je ne t'ai jamais vu te soucier d'une fille comme ça. Sérieux, qu'est-ce qu'elle a de si spéciale ? » « J'en sais trop rien. Je n'arrive pas à l'expliquer... Mais, lorsque je suis avec elle, je suis calme et serein. Et plus rien ne compte, à part elle. » « Mon pauvre vieux, t'es sacrément accro. » ▬ conversation entre ezekiel et son meilleur ami en 2003.

Quand je m'étais réveillé ce matin aux aurores, je me jurai que j'allais terminer tous les dossiers que j'avais en retard. Quelle merveilleuse intention. Mais les plus belles velléités sont, le plus régulièrement, plus facile à dire qu'à faire. C'est sans doute cela qui les rendait si merveilleuses. Car, je n'avais pas mis les pieds dans le bureau du directeur de l'asile, qui se trouvait être le mien depuis peu, de toute la journée. Non, quand j'avais quitté mon lit, je partis courir dans le parc de l'asile, profitant de la rosée du matin, qui était fraiche et très agréable. Après ce jogging revigorant, je m'offris un copieux petit-déjeuner dans mon appartement, qui se trouvait dans l'aile est de l'institution. Puis, trouvant l'air de la bâtisse trop étouffante, et cette démence omniprésente bien trop pesante, je décidai de partir d'ici pour passer ma journée en ville. J'avais profité de ce merveilleux ciel bleu pour me reposer au parc avec un bon livre, tout en reluquant quelques demoiselles qui se baladaient dans ce berceau de verdure. Quand mon estomac décida de chanter sa complainte pour m'indiquer ses désirs, je décidai de partir me ravitailler au The Gardeners Arms. Je savourai mon délicieux repas, tout en tentant d'oublier la charge de travail qui m'attendait patiemment. J'aurai pu retourner à l'asile après ce déjeuner mais, ma fainéantise était presque légendaire après tout. Non, à la place, je partis en direction du The Roses Theatre pour regarder un vieux film sur la seconde guerre mondiale. Malgré le fait que ça soit un film assez ancien, les violences de la guerre y étaient particulièrement bien représentées. Et même si tout ce sang était faux, même si tous ces corps inertes étaient en réalité en vie, je sentis un sentiment d'excitation morbide monter en moi. Me sentir ainsi me révulsait. Mais, depuis quelques temps, je n'arrivais plus à contrôler cette envie irrépressible de voir de la violence et de la souffrance. C'est très certainement pour cette raison que je me trouvais là, dans ce cinéma, à regarder ce film qui pourrait sembler ennuyeux aux yeux de nombreuses personnes. Mais, je n'y pouvais rien, c'était plus fort que moi. Pendant le film, un des soldats tomba violemment au sol à cause d'un coup de fusil. Le caméraman fit un gros plan sur le visage torturé du militaire, pour sûrement montrer au public les horreurs de la guerre. En voyant ce plan, j'enfonçai mes ongles dans les deux accoudoirs à côté de moi. Beaucoup de spectateurs auraient détournés leurs yeux de ce spectacle atroce, d'autres auraient continué de regarder avec un visage attristé. Non, ce n'était ni le dégout, ni la tristesse qui était peinte sur mon visage. On pouvait y déceler, au contraire, de la curiosité et une certaine jouissance face à ce spectacle abominable. Mon exaltation me mettait de plus en plus mal à l'aise. Je devais quitter cet endroit. Mais, l'envie de voir davantage de choses abjects me retenait et me forçait à rester à ma place. Ma tête commençait à me tourner, et je profitai de ce moment d'étourdissement pour quitter précipitamment la salle de cinéma. Quand je fus enfin dehors, je levai la tête vers le ciel, les yeux fermés, en prenant une grande inspiration. Je pris le temps de savourer cet instant d'accalmie, sentant les rayons du soleil qui étaient en train de danser sur mon visage. J'étais calme à présent, et j'étais, surtout, de nouveau moi. Après toutes ces péripéties, je me demandais quelle heure il était, tiens. Je regardai la montre qui se trouvait à mon poignet droit, et je fus surpris de l'heure qu'elle indiquait. 17h25 Putain le temps passe si vite ! Je repartis rapidement vers le sud de la ville grâce à un bus, pour m'arrêter à cette institution qui gardait les déments de Tewkesbury en son sein. J'étais enfin dans son bureau, enfin non, mon bureau. En effet, dorénavant, ce n'était plus le havre de paix de mon père, c'était le mien. Je devais encore m'ajuster à ces nouveaux changements... Je m’installai enfin dans le grand fauteuil en cuir noir, et regardai avec désarroi la pile de dossiers qui se trouvait en face de moi. Je tournai sur ma chaise, refusant de me mettre à travailler, trouvant n'importe quelle excuse pour éviter cela. 18h32 Allez, Ezekiel, il était temps. Je m'arrêtai brusquement de tourner sur moi-même, et je pris le premier dossier de la pile. Je commençai ma besogne en remplissant quelques stupides formulaires, et petit à petit, je pris ce rythme de machine que mon père possédait. Ce rythme, cette manière de vivre, cette façon de percevoir le monde, que je haïssais voir en lui il y a quelques années, je commençais à l'avoir. C'est fou comment la vie peut se montrer caustique parfois. Je venais de terminer mon dernier dossier, et il était 23h14. J'avais cru pendant un instant que je n'allais jamais voir la fin, mais c'était fait. Les responsabilités d'un directeur n'étaient décidément pas faites pour moi. Je m'étirai tout en savourant la satisfaction d'avoir terminé mon travail. Il ne me restait à présent que quelques broutilles à réaliser, et je serais libre. Mais, avant ça, je devais prendre un café. Je sortis de mon bureau, et je partis vers la machine à café. Devant le distributeur se trouvait une jolie blonde, aux courbes affriolantes, qui venait de prendre sa tasse de café. On dirait bien que les dernières choses qui me restaient à faire seraient pour demain. En se retournant, elle sursauta en me voyant derrière elle, manquant de peu de renverser sa boisson brulante sur mon costume. ❝ Oh excusez-moi monsieur, je ne vous avais pas vu.  ❞ s'excusa-t-elle avec une voix fluette. En voyant sa tenue, elle ne pouvait qu'être qu'une infirmière ici. Je n'étais pas le genre d'hommes qui fantasmaient sur la femme en uniforme, pourtant il y avait quelque chose chez elle qui m'attirait. Quelque chose dans son regard qui me rappelait quelqu'un. Oui, elle ressemblait un peu à cette fille, à Morrigan. Tiens, cela faisait bien longtemps que je n'avais pas pensé à elle... ❝ Ce n'est rien, c'est de ma faute. Je n'aurai pas dû me faufiler si silencieusement.  ❞ répondis-je en riant par la suite. La jeune femme se mit à rire également. Qu'est-ce qu'on dit déjà ? Femme qui rit, femme à moitié dans son lit ? La chose dont je pouvais être certain c'est qu'elle ne le serait pas qu'à moitié ce soir. Après une heure de discussion, qui pour moi était stérile et inintéressante, elle me proposa d'aller chez elle. C'était si facile que ça me décevait presque. Mais le sexe était devenu un moyen pour moi de chasser, au moins le temps d'une nuit, toute la rage qui me torturait chaque jour. J'acceptai alors de suivre la petite infirmière. Elle partit se changer, et pendant ce temps j'allais fermer l'institution, ainsi que donner les dernières instructions aux gardiens avant de partir.
Nous étions enfin dehors. La jeune femme n'arrêtait pas de bavasser, ça en devenait très désagréable. Mais, son regard m'attirait toujours autant. Et pour être honnête, son corps était extrêmement désirable. Sans la moindre retenue, je la plaquai contre le portail de l'asile, et collai mes lèvres contre les siennes. Je l'embrassai langoureusement, et elle répondit à ma passion soudaine par la même ardeur. Au moins, elle se taisait maintenant. Je plaquai mon corps contre le sien, tout en profitant pour descendre ma main vers son intimité. Mais, elle arrêta, de manière prude, mon geste. Je fus surpris par son refus, et je reculai mon visage du sien avec un air interrogateur. ❝ Pas là quand même. Allons chez moi, il y a des gens par ici.  ❞ dit-elle haletante, en se mordant la lèvre inférieure, tout en lançant un regard furtif derrière moi. Je me décalai d'elle pour regarder autour de moi pour vérifier sa théorie. Et effectivement, il y avait quelqu'un. Une femme. Et qui plus est, un visage qui ne m'était décidément pas inconnu. Et alors le regard si attirant de l'infirmière n'avait plus aucun intérêt. Après tout, l'original était là. ❝ Morrigan ?  ❞ m'écriais-je en la voyant s'éloigner. M'avait-elle reconnu ? Et puis pourquoi je faisais ça après tout ? Si c'était elle, peu importe, ça n'avait plus la moindre importance. Ça faisait quoi ? Dix ans ? Dix ans que je ne l'avais pas vu ? Cette fille qui m'avait oublié, abandonné, effacé de sa vie. C'était il y a longtemps. En effet, le Ezekiel adolescent qui souffrait à cause de sa petite-amie était loin. Pourtant, cette rancœur ne m'avait jamais vraiment quittée. Je partis, sans même lancer un seul dernier regard à la blonde que j'embrassais quelques minutes plus tôt, pour me diriger vers la jeune femme qui ressemblait énormément à Morrigan. Quand elle se retourna, il n'y avait plus aucun doute, c'était bien elle. Oui, elle n'avait plus aucune importance aujourd'hui. Pourtant, quand elle se retourna, je ne pus empêcher mon cœur d'avoir un soubresaut. Allez, reprends-toi mon vieux, tu n'es  plus un gamin. ❝ C'est bien ce que je pensais, c'est toi.  ❞ continuais-je avec un sourire. Pourtant, je n'avais pas la moindre envie de sourire. Mais, j'avais cette stupide fierté qui refusait de montrer que la revoir me faisait un petit quelque chose d’inexplicable. C'était sans doute la nostalgie ? ❝ Ça fait longtemps.  ❞ renchérissais-je, en plongeant mon regard dans le sien. Je revoyais la gamine qui m'attendait devant le lycée, son sourire candide et ses gâteaux dans les bras. Mais tout ça, c'était du passé. On n'était plus des enfants, on avait chacun grandi, changé, et vécu. Nous avions pris des chemins différents.  Cette rancœur passée devait partir, ça en devenait stupide. Pourtant, j'avais le sentiment que c'était bien plus profond que cela. ❝ Comme tu peux le voir, je viens de revenir à Tewkesbury.  ❞ disais-je avec nonchalance.  ❝ Ezekiel ?  ❞ m’appela l'infirmière que j'avais déjà presque oubliée. Je lançai un clin d’œil à Morrigan, pour ensuite me retourner vers la blonde à la poitrine plantureuse, qui nous regardait avec un air soucieux. ❝ Oh excuse-moi Emma.  ❞ répondis-je avec un air faussement désolé. ❝ Anna.  ❞ rétorqua-t-elle avec un ton cinglant. Oups. Je retournais vers elle, posant ensuite ma main au creux de son dos pour la rapprocher doucement de moi. ❝ Oui, excuse-moi. C'est ma cousine, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu. Ça ne te dérange pas si on refait ça demain soir ?  ❞ proposais-je avec mon sourire de séducteur. On ne me surnommait pas Don Juan pour rien, après tout. Elle lança un regard à Morrigan, qui ne répondit rien face à ce piètre mensonge, m'aidant à berner l'infirmière.  ❝ D'accord.  ❞ dit-elle un peu déçue. Je l'embrassai plus doucement que tout à l'heure, et elle partit. Je retournais vers celle qui m'intéressait davantage. ❝ Alors, depuis le temps, qu'est-ce que tu deviens, Morrigan ?  ❞ demandais-je tout simplement. Bon sang, qu'est-ce que tu fous Ezekiel ? Pfff quelle connerie la nostalgie.




_________________
❝ I can't escape this hell
So many times i've tried
But i'm still caged inside
Somebody get me through this
nightmare. I can't control myself. ❞

Three days grace, Animal I have become
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MessageSujet: Re: ezegan ☇ all your monsters in the night they come to life.    Sam 30 Aoû - 18:31

« Morrigan ? » Elle entend sa voix. Et d’instinct, elle aurait aimé sourire. Parce qu’au cours de ses dernières années, elle aurait donné n’importe quoi pour l’entendre dire quelques mots. Des « tout va bien » dont lui seul avait le don. Il lui a manqué, énormément. Mais il est parti sans vraiment dire au revoir, il l’a laissé quand elle aurait eu besoin de lui. Il n’a pas cherché à la contacter quand son propre père le lui refusait. Il ne s’est pas battu quand il aurait dû le faire parce qu’elle, elle en était incapable. Et aujourd’hui, elle le voit enfin tel qu’il est. Tombeur de ses dames prêt à abandonner n’importe quelle créature féminine pour une autre, plus jolie peut-être. Elle aimerait se dire qu’il a abandonné l’autre cruche seulement parce que c’est elle, Morrigan, mais elle sait que c’est faux. Qu’il la déteste un petit peu et elle-même, elle le hait beaucoup. Qu’ils ne comptent plus l’un pour l’autre. « C'est bien ce que je pensais, c'est toi. » Elle fixe le sol en écoutant sa voix, l’écho de celle-ci qui se glisse dans son esprit. Ça fait tellement longtemps. Elle ne l’a pas vu depuis des années mais son souvenir reste une plaie béante qu’elle n’a pas su refermer.  Quand elle relève sa tête, elle aperçoit un sourire sur ses lèvres et elle se demande comment il fait. Peut-être a-t-il oublié, peut-être s’en fiche-t-il. Elle l’envie, un peu, comme une enfant qui a vu la douleur en face et qui aimerait se taper la tête contre un mur. Oublier, oublier et faire table rase. La douce morsure de la nostalgie ne lui va pas bien au teint, elle n’en a pas besoin. Le passé est enterré et ce pincement au cœur n’est rien d’autre qu’une réaction au froid. « Ça fait longtemps. » Elle sent un léger sourire poindre sur ses lèvres.  Parce qu’il n’a pas idée, de tout ce qui a pu se passer. Ce feu … Ce feu elle le revoit encore. Il lui lèche les joues, il lui mord la peau, elle en est glacée, de cette chaleur insoutenable. Le feu. Elle sourit parce qu’il ne doit même pas savoir. Elle sourit parce que c’est stupide, de sourire quand elle lui en veut autant d’être parti. Elle sourit parce qu’elle a tué son père, elle a tué ses sœurs, elle le sent et elle n’a eu personne à qui le dire. Parce que cet imbécile n’était pas là. Elle sourit parce qu’elle ne sait pas comment faire autrement, face à lui et son infirmière. Gourgandine, femme de petite vertu, plus couramment connue sous le nom de salope, Morrigan ne lui adresse pas un regard. « Des années, en effet. Mais tu n’as pas l’air d’avoir beaucoup changé. », finit-elle par dire, la voix brisée par les trop nombreuses cigarettes de sa mère. Elle fume par procuration, elle souffre sur ordonnance. Elle adresse un sourire poli à l’infirmière, tout en se retenant de faire une pitoyable crise de jalousie. Il n’est plus avec elle, il n’est plus à elle. Ce n’est qu’une vieille habitude. Elle tente de se rassurer en se disant que c’est passager. Mais ça s’amplifie. Si elle s’écoutait, elle pousserait l’autre et irait nicher sa tête dans son cou. Pour se rassurer, pour se rappeler que tout n’est pas fini. Pour redevenir une gamine avec ses gâteaux et ses sourires un peu trop gros, un peu très heureux, jamais faux. « Comme tu peux le voir, je viens de revenir à Tewkesbury. » Elle hoche la tête, croisant les bras sur sa poitrine. Son sourire n’est pas totalement parti, il plane sur ses lèvres comme un souvenir fugace, un instant raté. Comme un coucher de soleil que l’on a raté de peu mais dont on peut admirer les quelques nuances restantes. Un sourire qu’on sait là mais qui n’y est plus. Maintenant, Morrigan sourit avec les yeux. Ça n‘arrive pas souvent mais ses pupilles s’illuminent et les étoiles dansent. Tango endiablé dans le regard, valse princière sur les lèvres, on lui retrouve là une beauté enfantine. Un souvenir du passé, comme quoi, tout ne peut pas s’oublier, s’embraser. « Ezekiel ? » Morrigan détache son regard de celui d’Ezekiel et se tourne calmement vers l’infirmière. Ça leur arrivait souvent, avant, ce genre de chose. De rester silencieux à se regarder.  Morrigan se remémore encore ces instants rapides ou il n’y a personne autour, simplement lui et son sourire de séducteur, lui et ses blagues à deux sous, lui et ses caresses doucereuses. Morrigan était une gamine, à l’époque. Quiconque aurait pu dire qu’elle ne connaissait rien à l’amour. Elle n’aurait pas cherché à vous contredire, Morrigan n’était pas comme ça à l’époque. Mais redemandez-lui aujourd’hui, elle vous le dira. Elle l’aimait. Gauchement, innocemment, tendrement comme une enfant. Mais elle l’aimait. Un peu plus chaque jour, elle s’accrochait à lui comme un naufragé à sa bouée. Puis il l’a laissé et elle a dû se battre seule contre l’ouragan, contre la tempête, contre le naufrage. Contre elle-même.  « Oh excuse-moi Emma. » Morrigan serre les dents, les regarde, les observe avec ses grands yeux bleus vidés par les excès. Elle se dit qu’il va lui falloir un sacré remontant pour oublier cette soirée, pour l’oublier lui, pour taire ses souvenirs qui remontent, en vague. « Anna. » entend-elle, ton cinglant, voix froide, sifflement perfide, elle se sent doucement sourire. Au moins, Ezekiel se rappelle de son prénom à elle, même après autant de temps. La soudaine joie de le voir oublier le prénom de ladite Anna s’évanouit aussi vite qu’elle est arrivée puisqu’elle observe sa main contre sa peau, son corps qui se rapproche. « Oui, excuse-moi. C'est ma cousine, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu. Ça ne te dérange pas si on refait ça demain soir ? » Cousine. Cousine. Elle se retient de dire quoi que ce soit mais applaudit cependant le petit sourire qui va avec. Elle se demande combien de fois elle a pu être bernée par un tel étirement de ses lèvres. Morrigan sent le regard d’Anna sur elle, mais en bonne ex petit-amie qui ne veut pas d’embrouilles avec l’actuelle petit-amie, elle lui adresse un sourire faux, mais rassurant, et ne rétorque rien. « D'accord. » entend-elle, suivit d’un baiser. Elle détourne les yeux, mal-à-l’aise et la regarde s’échapper un peu à reculons. Pauvre fille. « Alors, depuis le temps, qu'est-ce que tu deviens, Morrigan ? » Ses bras tombent le long de son corps et elle hausse un sourcil à sa question. « Tu te souviens de mon prénom ? Magnifique ! », murmure-t-elle d'un ton amusé.  Il ne lui faut pas trente secondes pour le bousculer légèrement, un pas entre une marque d’affection et un véritable coup dû à la colère. « Mariée avec trois gosses, deux chiens, femme au foyer avec deux femmes de ménage. » finit-elle par dire en grimaçant, avant de faire un pas en avant, signe qu’elle n’a pas pu le haïr pendant plus de dix minutes. Elle ment, mais il devrait rapidement le remarquer. Elle espère, du moins. Elle se racle la gorge et l’observe, comme quand elle était enfant. Un peu perdue et admirative. Avec autre chose, cette petite flamme. Mais il faudrait la torturer pour qu’elle avoue. On appelle ça un sentiment, mais ne le dites pas trop fort. « Tu n’as pas appris, pas vrai ? », demande-t-elle. Il ne sait donc pas, pour l’incendie, pour les morts, pour les démons, pour les rêves, pour l’hôpital pour son travail, pour tout ce qu’elle a perdu et ce qu’elle perdra encore. Pour sa mère. Non, il n’a pas l’air de savoir.
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